Le président américain Donald Trump a déclaré lundi au sommet du G7 de Biarritz que les négociations avec la Chine sur la guerre commerciale entre les deux pays "n'ont jamais été aussi significatives".

Notamment car, selon lui, les Etats-Unis s'en sortent bien économiquement et que la Chine "perd des millions d'emplois". "Je pense que tout est possible", assure-t-il quant à ses prochaines actions dans la guerre commerciale avec Pékin. "Je peux dire que nous avons des négociations très significatives, qui n'ont jamais été aussi significatives".

A une semaine de l'entrée en vigueur prévue de nouvelles sanctions réciproques, Pékin a appelé au calme et à la "coopération", mais sa monnaie nationale, le yuan, est repartie à la baisse, accroissant la pression sur le commerce américain.

Avant de quitter Biarritz, où il a participé au sommet du G7, le président américain, Donald Trump, a annoncé que les États-Unis allaient reprendre "très prochainement" leurs négociations avec la Chine. "La Chine a appelé la nuit dernière (...) Elle a dit +revenons à la table des négociations+ alors on va y revenir (...) On va recommencer très prochainement à négocier", a-t-il dit.

M. Trump n'a toutefois pas cité de date. Lors de leur dernière négociation à Shanghai fin juillet, les deux parties avaient convenu de se revoir en septembre aux Etats-Unis, mais aucune date précise n'a encore été annoncée.

Interrogé lors d'un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a dit ne pas être au courant de la conversation évoquée par M. Trump.

De son côté, le principal négociateur chinois, Liu He, a assuré que Pékin était prêt à "résoudre calmement le problème par des consultations et la coopération".

"Nous sommes résolument opposés à l'escalade de la guerre commerciale" qui n'est bonne "ni pour la Chine, ni pour les Etats-Unis, ni pour les peuples du monde", a ajouté M. Liu, cité par la presse financière.

- Le yuan dévisse à nouveau -

La guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales a pris un tour encore plus vif vendredi, la Chine annonçant qu'elle allait relever ses droits de douane sur des produits américains représentant 75 milliards de dollars d'importations annuelles, en réponse à des sanctions commerciales américaines déjà annoncées.

Washington a répliqué immédiatement en annonçant des hausses plus fortes que prévu des surtaxes douanières sur les produits chinois, qui doivent entrer en vigueur le 1er septembre puis le 15 décembre.

Le président Trump a en outre tétanisé les milieux d'affaires américains en les sommant de cesser de faire des affaires avec la Chine, une menace ensuite atténuée par de hauts responsables de son administration.

Comme en réaction, M. Liu a assuré que la Chine souhaitait "accueillir les investisseurs du monde entier, y compris des Etats-Unis".

La Chambre de Commerce américaine à Shanghai a souligné que les entreprises de l'Oncle Sam ne pouvaient pas se retirer de l'immense marché chinois, ce qui ne ferait que pénaliser l'économie des Etats-Unis. "Le coût économique (de la guerre commerciale) est déjà considérable", déclare la Chambre dans un communiqué.

Pour ajouter aux soucis des entrepreneurs américains, la monnaie chinoise est repartie nettement à la baisse lundi, cédant 0,74% à 7,1481 yuans pour un dollar, soit son niveau le plus bas depuis début 2008.

Cette baisse rend automatiquement meilleur marché les exportations chinoises mais renchérit à l'inverse les produits américains sur le marché du géant asiatique.

La devise de Pékin avait déjà décroché début août peu après l'annonce par M. Trump d'une extension des droits de douane américains à la quasi-totalité des produits chinois

Le yuan n'étant pas librement convertible mais étroitement contrôlé par le gouvernement chinois, Washington a officiellement accusé Pékin de "manipuler" sa monnaie dans le but de soutenir ses exportations.

L'impact d'une telle accusation est limité: elle signifie simplement que les Etats-Unis doivent entamer des consultations avec le pays jugé en faute.

"Les gants de boxe sont sortis des deux côtés et, dans ce contexte, la dépréciation du yuan fait office d'amortisseur tout trouvé face aux droits de douane américains", observe Mitul Kotecha, économiste à la banque Toronto-Dominion.

"Tant que cette baisse reste sous contrôle et qu'elle n'entraîne pas de fuite des capitaux, on peut s'attendre à une nouvelle dépréciation", a-t-il déclaré à l'agence financière Bloomberg.

Les places boursières asiatiques ont encore fait montre de nervosité lundi, Hong Kong perdant près de 2% et Shanghai plus de 1%.