"Ce délai signifie que l'imminence d'une crise économique a été évitée, mais il doit marquer un nouveau départ", a réagi sur son compte Twitter Carolyn Fairbairn, directrice générale de la puissante organisation patronale CBI.

Le report jusqu'au 31 octobre du Brexit, sur lequel se sont mis d'accord dans la nuit l'UE et le Royaume-Uni, écarte provisoirement le spectre d'une sortie sans accord, un scénario redouté par les milieux d'affaires et qui pourrait entraîner un sévère choc économique.

Le soulagement est de mise puisque la date butoir pour le Brexit était jusqu'à présent fixé à vendredi, sans que la Première ministre Theresa May n'ait pu jusque-là faire valider par le Parlement l'accord négocié avec Bruxelles, ce qui exposait donc le pays à un divorce abrupte.

"Pour le bien des emplois et des personnes à travers le pays, tous les dirigeants politiques doivent utiliser cette période au mieux. Une sincère collaboration transpartisane est nécessaire pour mettre fin à ce chaos", selon Carolyn Fairbairn.

Cette période d'incertitude pèse sur l'activité économique, alimentant la prudence des ménages et surtout celle des entreprises nombreuses à retarder les décisions d'investissement faute d'y voir clair sur la future relation entre Bruxelles et Londres.

De nombreuses sociétés ont augmenté leurs stocks pour se prémunir contre des perturbations des échanges commerciaux et de grands groupes internationaux s'interrogent sur leur présence dans le pays.

Interrogé sur la radio BBC 4, le président du CBI, John Allan, s'est quant à lui prononcé à titre personnel pour un second référendum afin de sortir de l'impasse.

"Si les politiciens ne peuvent pas agir ensemble, la seule autre option est de revenir vers le peuple et avoir un second référendum", a-t-il déclaré.

Les marchés financiers étaient, de leur côté, peu surpris par le report du Brexit, qu'ils avaient déjà anticipé. La livre sterling, qui avait un peu progressé dans la nuit face au dollar, se stabilisait désormais dans la matinée.

"Même si la livre a ignoré les développements de la nuit dernière, la perspective de six mois de plus d'incertitude va probablement se faire sentir sur l'économie britannique", prévient Jasper Lawler, analyste de London Capital Group.

"La résistance de la livre que nous avons observée pourrait ne pas durer", selon lui.