"Les députés du Brexit sont arrivés à Strasbourg pour se montrer joyeusement provocateurs", a twitté à son arrivée à Strasbourg le turbulent M. Farage à la tête du Brexit Party, arrivé en tête aux élections européennes de fin mai au Royaume-Uni.

La provocation n'a pas tardé : quand l'Ode à la joie de Beethoven, hymne européen, a commencé à résonner dans l'hémicycle strasbourgeois pour marquer le lancement de la nouvelle législature, les députés du Brexit Party se sont levés et ont tourné le dos en signe de protestation.

Au même moment, leurs compatriotes Lib-Dem, à l'inverse, arboraient des T-shirts jaunes sur lesquels était écrit en noir "Stop Brexit".

A 29, les élus du Brexit Party sont la plus importante délégation d'un parti national dans le nouveau Parlement européen, alors même qu'ils clament haut et fort ne pas avoir envie d'être à Strasbourg.

"Nous ne devrions pas être là !", a aussi exulté, devant le siège du Parlement, Nigel Farage, cravate violette et costume clair. "J'espère être au chômage dans quatre mois, ça m'irait vraiment bien", a dit de son côté Henrik Overgaard-Nielsen, député européen du Brexit Party.

Mettre la pression

Farage, élu sans interruption au Parlement européen depuis 1999, avait assuré à la fin de la dernière législature qu'il espérait prendre la parole pour la dernière fois dans l'hémicycle strasbourgeois.

Mais la sortie effective du Royaume-Uni a depuis été repoussée - la nouvelle date butoir est fixée au 31 octobre -, et les Britanniques ont élu une nouvelle fois 73 députés européens, qui doivent sièger jusqu'à ce que le divorce soit acté.

Le nouveau Parlement européen compte donc provisoirement à nouveau 751 députés, un nombre qui passera à 705 quand les Britanniques seront partis (avec 27 des sièges britanniques redistribués à d'autres pays et 46 mis de côté pour d'éventuels élargissements de l'UE).

"Nous sommes ici pour mettre la pression sur le gouvernement britannique et tout le monde au sein de ces institutions pour s'assurer que le mandat démocratique du vote du Brexit va effectivement être appliqué", a expliqué Alexandra Phillips, nouvellement élue, brandissant une pancarte affichant "Be in Britain/Leave" ("Soyons en Grande-Bretagne, partons").

"D'ici la fin octobre, nous aurons remballé nos affaires, serons rentrés à la maison et la Grande-Bretagne sera indépendante", est persuadé Henrik Overgaard-Nielsen, Danois, mais élu en Angleterre.

Nigel Farage s'en est pris surtout aux parlementaires britanniques.

"En fait je ne suis pas particulièrement en colère après l'Union européenne ou Monsieur Barnier (le négociateur du Brexit pour l'UE, ndlr), ils ont fait leur travail. C'est la classe politique britannique qui a laissé tomber son peuple", s'est emporté le chantre du Brexit.

Alors que les dirigeants européens luttent à Bruxelles pour se mettre d'accord sur les noms des nouveaux hauts responsables de l'UE, le leader du Brexit Party a appelé Theresa May, la Première ministre sur le départ, à s'abstenir sur le choix du nouveau président de la Commission.

Lui a en revanche affiché sans détour son hostilité au scénario d'une élection du Néerlandais social-démocrate Frans Timmermans à la tête de la Commission. "C'est un fanatique, il veut détruire l'Etat-nation, il veut les Etats-Unis d'Europe, il est très dangereux de mon point de vue".