Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, s'est fendu d'une lettre à notre grand argentier Johan Van Overtveldt. Il lui demande des explications sur le "brouillon" budgétaire présenté par notre pays pour cette année et l'an prochain.
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Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, s'est fendu d'une lettre à notre grand argentier Johan Van Overtveldt. Il lui demande des explications sur le "brouillon" budgétaire présenté par notre pays pour cette année et l'an prochain. Ce n'est qu'une maigre consolation, mais la Belgique n'est pas le seul Etat membre à provoquer des froncements de sourcils côté européen. Six autres pays sont également dans le collimateur de la Commission, même si pour notre pays, il s'agit d'une simple demande de renseignement et pas une mise en garde, précise la ministre du Budget Sophie Wilmès. La Commission s'interroge sur notre capacité à ne pas dépasser la barre des 3 % de déficit public et même à réduire ce déficit de manière structurelle de 0,6 % par an en 2016 et 2017 comme nous nous y sommes engagés. Recettes décevantes Pour cette année, l'objectif semble inatteignable. Nous ne sommes même pas sûrs de ne pas franchir la ligne rouge des 3 % (fin juin, selon Eurostat, le déficit belge était de 3,2 %). C'est du côté des recettes que cela coince. Le gouvernement avait budgété 460 millions pour la taxe Caïman. Elle ne rapporte qu'une quarantaine de millions. Il espérait 250 millions des opérations d'amnistie. Ce sera là aussi beaucoup moins. "Par ailleurs, il y a le fiasco des accises sur les spiritueux qui rapportent moins que les recettes enregistrées avant leur augmentation", ajoute le député PS Ahmed Laaouej qui observe aussi que les 250 millions d'euros de rendement espéré de la modification du précompte sur les SIR, les sociétés immobilières cotées, sont douteux. "La Cour des comptes vous enjoint à ne retenir que la moitié de ce montant" a-t-il dit à la ministre du Budget lors d'une séance de la Chambre. Sophie Wilmès en convient : "La problématique des recettes fiscales est un vrai questionnement". Mais elle rappelle que le gouvernement a prévu un tampon de 750 millions d'euros (mais il ne sera opérationnel que l'an prochain) "principalement pour faire face à cette problématique". Le gouvernement a aussi créé une "task force afin d'évaluer les raisons de ce différentiel et d'en proposer le meilleur remède", ajoute la ministre du budget. Ce dérapage n'est pas une catastrophe : "Si le budget 2017 permet de corriger la déviation de 2016, les choses seront convenables", a dit le Commissaire Moscovici à nos confrères de L'Echo. D'accord, mais 2017 promet néanmoins d'être un exercice budgétaire "sportif".