Moins médiatique que le dioxyde de carbone (CO2) soupçonné de trop réchauffer la Terre, le dioxyde d'azote (NO2) issu de la combustion incomplète des carburants n'en constitue pas moins une menace pour les personnes qui vivent à proximité des grands axes de circulation. Afin de pouvoir cartographier l'impact de cet ennemi souvent oublié, diverses institutions de Flandre ont lancé une gigante...

Moins médiatique que le dioxyde de carbone (CO2) soupçonné de trop réchauffer la Terre, le dioxyde d'azote (NO2) issu de la combustion incomplète des carburants n'en constitue pas moins une menace pour les personnes qui vivent à proximité des grands axes de circulation. Afin de pouvoir cartographier l'impact de cet ennemi souvent oublié, diverses institutions de Flandre ont lancé une gigantesque enquête citoyenne pour laquelle plus de 50.000 volontaires (surnommés les Curieuzeneuzen) s'étaient inscrits. Des contraintes budgétaires ont toutefois limité à 20.000 le nombre de points de mesure. Il en est résulté une immense carte de Flandre avec pour principal point noir la ville d'Anvers, où la concentration moyenne (38,4 microgrammes - symbole : µgr - par m3) frôle le seuil européen admissible (40µgr/m3). L'étude a également fait apparaître que, contrairement aux idées reçues, les campagnes aussi étaient atteintes. Dixmude, par exemple, présente quatre " points rouges " où la concentration en NO2 dépasse 35µgr/m3 et les files qui s'allongent sur les axes secondaires n'y améliorent aucunement l'atmosphère. Finalement, il ne subsiste en Flandre que quatre zones relativement épargnées : le Hageland, la Campine, les Ardennes flamandes et les Fourons. Cette vaste enquête a finalement eu un impact sociétal aussi considérable qu'insoupçonné. De l'usage du barbecue au mode de déplacement, un participant sur quatre affirme avoir, depuis, modifié son comportement. Environ 2.500 à 4.500 individus ou familles ont déménagé ou envisagent de le faire ; 13% des participants ont interpellé leurs représentants locaux avec pour résultat des actions diverses dans plusieurs dizaines de communes. Du cercle familial aux écoles, les participants au projet s'en sont également faits les ambassadeurs de sorte que, selon les estimations les plus prudentes, plus de 430.000 personnes, soit 7% de la population flamande ont été d'une manière ou d'une autre, concernées.