Un sondage réalisé pa le groupe Sudpresse nous indique que le comportement affairiste et grippe-sou d'une part non négligeable de la classe politique pousserait 43 % des Wallons à changer leur vote par rapport à 2014. En Flandre, un autre sondage indiquant qu'à peine 2 % des Gantois souhaitaient que Siegfried Bracke (N-VA) soit leur prochain bourgmestre, a sonné le glas des ambitions maïorales du président de la Chambre.
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Un sondage réalisé pa le groupe Sudpresse nous indique que le comportement affairiste et grippe-sou d'une part non négligeable de la classe politique pousserait 43 % des Wallons à changer leur vote par rapport à 2014. En Flandre, un autre sondage indiquant qu'à peine 2 % des Gantois souhaitaient que Siegfried Bracke (N-VA) soit leur prochain bourgmestre, a sonné le glas des ambitions maïorales du président de la Chambre. Près d'un électeur sur deux prêt à reconsidérer son vote, la proportion paraît énorme. Elle ne le serait finalement pas tant que cela. Les enquêtes de sortie des urnes montrent qu'en moyenne 30 % des électeurs ont changé leur vote, nous indique le politologue Pascal Delwit (ULB). Cette proportion tend en outre à se resserrer dans les dernières semaines de campagne. Le chiffre de 43 % serait donc finalement dans la norme. La grosse différence, cette fois, c'est que de plus en plus d'électeurs francophones sont tentés par un vote radical, en faveur du PTB. C'est-à-dire un parti a priori peu enclin aux compromis pour entrer dans une majorité. Cela pourrait bloquer ou à tout le moins compliquer le fonctionnement de notre système proportionnel. La Flandre a connu ce phénomène quand le Vlaams Belang a atteint ses sommets électoraux et qu'aucun parti ne souhaitait - à juste titre - collaborer avec lui.Le sondage de Sudpresse rappelle surtout que, si les partis rivalisent aujourd'hui de propositions pour " qui lavera le plus blanc ", la balle est surtout dans le camp des électeurs. Oseront-ils s'en saisir ? N'allons pas trop vite en besogne. Les champions du cumul de mandats et les personnages à l'éthique vacillante figurent aussi souvent parmi les plus gros pourvoyeurs de voix. Si Stéphane Moreau devait se représenter l'an prochain à Ans, on ne parierait pas sur une dégelée électorale. Au contraire. Rappelons-nous l'exemple de Guy Coëme : deux fois condamné par la Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays, pour des détournements d'argent lors de ses mandats ministériels, il a été frappé d'inéligibilité. A son retour près de 10 ans plus tard, les électeurs l'ont sacré numéro un wallon du taux de pénétration (rapport voix de préférence/nombre d'électeurs de la circonscription)...Dans le même registre, si la politique tend parfois à virer au népotisme, c'est aussi avec l'aval des électeurs : " les filles et fils de " figurent sur les listes non pas pour embêter les citoyens ou les autres candidats mais avant tout parce que nous votons massivement pour eux. La Belgique est l'un des très rares pays démocratiques à proposer un mécanisme de voix de préférence qui permet aux électeurs de modifier l'ordre des élections des candidats. Le pouvoir de ce mécanisme sera même renforcé en Wallonie pour les élections communales et provinciales de 2018. C'est sympathique mais cela ne propulse pas forcément dans les assemblées les personnes les plus compétentes ou avec la plus grande hauteur de vue. On commence à s'en inquiéter dans le monde entrepreneurial. Dans un récent entretien accordé à Trends-Tendances, le patron de la Sonaca, Bernard Delvaux, invitait les élus à se rassembler autour de projets ambitieux pour le futur de notre société plutôt que de se chamailler sans cesse sur des dossiers de court terme. Peter De Keyzer (Growth Inc, ex-chief economist de BNP Paribas Fortis) a abondé dans le même sens en regrettant, dans La Libre, le manque d'hommes et femmes politiques capables de résister aux lobbies pour asseoir une vision à long terme. Les prochains scrutins et les scores de voix de préférence nous diront si les citoyens attendent aussi cette hauteur de vue.