Elle a parié et elle a perdu. C'est le résumé du nouveau séisme politique britannique, le deuxième déjà en un peu moins d'un an. La Première ministre Theresa May a souscrit à des élections anticipées en supposant qu'elle ne pourrait pas passer à côté d'une large majorité. Le résultat interpellant est la perte de sa majorité. Elle ne peut rester au pouvoir qu'avec le soutien des unionistes nord-irlandais.
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Elle a parié et elle a perdu. C'est le résumé du nouveau séisme politique britannique, le deuxième déjà en un peu moins d'un an. La Première ministre Theresa May a souscrit à des élections anticipées en supposant qu'elle ne pourrait pas passer à côté d'une large majorité. Le résultat interpellant est la perte de sa majorité. Elle ne peut rester au pouvoir qu'avec le soutien des unionistes nord-irlandais.Le résultat des élections est interprété comme une voix des Britanniques contre un Brexit dit dur, une séparation de l'Union européenne qui implique également un départ du marché unique et de l'union douanière. Theresa May orientait les choses en ce sens au cours de sa campagne, bien qu'elle se trouvait, l'année dernière encore, dans le camp du Remain. Beaucoup d'électeurs britanniques, qui désirent éviter une telle rupture dure et probablement nuisible sur le plan économique avec l'Europe, ont voté pour les travaillistes. Le parti est certes, tout comme les conservateurs, désespérément divisé sur le thème, et son leader Jeremy Corbyn n'a jamais adopté un point de vue clair, mais dans le système électoral britannique, dans chaque district, le gagnant prend possession du seul siège. Les perdants ne reçoivent rien. Ce n'est dès lors qu'en votant en faveur du principal parti d'opposition que l'électeur pouvait s'exprimer contre le Brexit dur de May. Autrement dit, le résultat est la conséquence de la campagne catastrophique de May, du parcours sans faille de Corbyn et des préoccupations tactiques des adversaires au Brexit (dur).Le problème est que ces opposants au Brexit se sont probablement eux-mêmes tiré une balle dans le pied. May part maintenant pour des négociations avec l'Europe avec une majorité minime. Cela signifie qu'elle devra être à même de gagner tous les membres de son parti à un deal, même les opposants les plus farouches à l'Union européenne. May ne ressort donc pas seulement affaiblie des élections, sa marge de négociation s'est également fortement réduite. Une voix contre un Brexit dur a ainsi probablement - ô ironie - mis les Britanniques sur la voie d'un Brexit dur. May risque de ne pas être la seule Britannique à avoir perdu son pari.