Et si nous parlions du Venezuela ? Ce pays est une véritable grenade dégoupillée : à croire que ce pays est maudit par les Dieux, la corruption y est endémique, la violence urbaine très élevée, les pénuries de produits de première nécessité sont quotidiennes et l'inflation était évaluée à 1.350.000 % en 2018 par le FMI.

Un professeur d'université du Venezuela avait même fait sensation sur Twitter en expliquant qu'il lui fallait 4 mois de salaire pour réparer les semelles de ses chaussures usées !

Les économistes, dans des cas pareils, ne parlent d'ailleurs plus d'inflation mais d'hyperinflation. Exactement comme en Allemagne, durant les années 20, avant l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler : à l'époque, les Allemands payaient leur pain avec des brouettes pleines de billets de banque.

Pour le Venezuela, les choses ne vont pas en s'arrangeant. Le FMI prévoit une hyperinflation pour 2019 de 10.000.000 %. Mais la question, c'est comment en est-on arrivé là ?

Mélenchon, qui est un fervent défenseur de ce pays, nous expliquera que tout est de la faute des Américains qui veulent saboter un gouvernement de gauche radicale. Et les libéraux diront que c'est une mauvaise gestion de l'équipe gouvernementale en place.

En réalité, au--delà de ces explications partisanes, ce qui est certain, c'est que le Venezuela souffre de la "malédiction du pétrole". Cette expression, les économistes la connaissent bien, elle dit bien ce qu'elle veut dire : des pays comme le Congo, le Venezuela ou l'Algérie, pour ne citer que quelques exemples parmi tant d'autres, sont des pays qui dépendent souvent d'une ou plusieurs matières premières.

Et au lieu de profiter de la hausse des cours de ces matières premières pour moderniser et diversifier leur économie, les gouvernements de ce pays se servent en premier lieu ainsi que leur entourage.

Bref, vous avez une cour qui est multimilliardaire en dollars, et le reste du pays crève de faim.

Ou alors, les gouvernements en place se servent mais achètent la paix sociale en distribuant quelques dollars aux classes populaires. C'est du clientélisme de court terme, et qui oublie par exemple de moderniser l'appareil de production.

La malédiction du pétrole existe mais elle frappe d'abord et avant tout les pays non démocratiques.

Prenons le cas de l'ancien président Chavez, il avait licencié massivement les ingénieurs de la compagnie pétrolière PDVSA pour étouffer dans l'oeuf une grève massive des employés.

Le résultat, c'est qu'aujourd'hui le Venezuela est obligé de faire raffiner aux Etats-Unis son pétrole qui est visqueux et doit donc être traité pour être exploitable !

Pire encore, quand le cours du pétrole dégringole, c'est ce qui arrivé ces dernières années, le pays concerné se retrouve étranglé et au bord de la faillite.

Le pétrole représente aujourd'hui 95% des exportations du Venezuela.

En Angola, ce n'est guère mieux. Le pays est aussi très riche en pétrole, mais 85% de la population survit de l'agriculture alors qu'elle n'est responsable que de 8% de la richesse du pays.

En Algérie, les généraux qui pillent les richesses du pays se cachent derrière l'actuel président qui, maladie et vieillesse obligent, n'est plus que l'ombre de lui-même.

En revanche, en Norvège, pays démocratique, le contraste est frappant. Voilà un pays qui a mis la rente pétrolière au service de sa population et de son développement.

Et donc, oui, la malédiction du pétrole existe mais elle frappe d'abord et avant tout les pays non démocratiques.

Et c'est à ce moment-là qu'on se rend compte de la douceur de vivre de notre beau pays !