1. Dans la dernière enquête conjoncturelle de la FEB, on observe que l'optimisme des entreprises se traduit par une augmentation des investissements et 80 % des secteurs interrogés soulignent qu'investir dans l'innovation est capital. On investit donc davantage dans des " robots " que dans de nouvelles lignes de production ?
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1. Dans la dernière enquête conjoncturelle de la FEB, on observe que l'optimisme des entreprises se traduit par une augmentation des investissements et 80 % des secteurs interrogés soulignent qu'investir dans l'innovation est capital. On investit donc davantage dans des " robots " que dans de nouvelles lignes de production ? L'envie d'investir est en effet plus importante depuis un an environ et elle s'accélère. Elle s'oriente en effet plutôt vers l'innovation. C'est la traduction de la digitalisation de l'économie et des défis qui y sont liés. C'est en soi une bonne chose. Les entreprises s'y préparent et concentrent leurs efforts dans ce domaine. 2. L'optimisme des entreprises, c'est le fruit de la politique du gouvernement ? La croissance mondiale et européenne joue évidemment un rôle. Nous sommes une économie exportatrice. Mais nous ne pouvons pas sous-estimer les mesures décidées par les partenaires sociaux et le gouvernement : saut d'index, tax shift, modération salariale... Elles ont permis de réduire notre handicap de compétitivité par rapport à nos voisins qui est passé de 15 % à moins de 10 % aujourd'hui. Avec comme conséquence que notre industrie recommence à créer des emplois. Ce qui est une très bonne nouvelle. Deux secteurs sont, en revanche, moins optimistes que les autres. Les banques, qui vivent une phase de grande mutation. Et le commerce, qui est confronté à la concurrence du commerce électronique, localisé davantage chez nos voisins que chez nous. Il y a donc encore un potentiel de développement dans notre pays. D'ailleurs, dans l'accord de gouvernement qui vient d'être voté, certaines mesures concernent spécifiquement l'e-commerce. Nous verrons si elles portent leurs fruits. 3. Un grand problème, ce sont les offres d'emploi non pourvues ? Il faut remplacer le slogan " jobs, jobs, jobs " par " vacatures (postes vacants, Ndlr), vacatures, vacatures ". Si nous n'agissons pas, le problème risque d'affaiblir la croissance potentielle en 2019. L'enseignement a une part de responsabilité : il faut le réorienter davantage vers le marché du travail et miser plus sur les STEM (acronyme de science, technology, engineering, mathematics). Notre plaidoyer est triple. Un, que les régions misent tout sur l'activation et l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Deux, que les employeurs réduisent un peu leurs exigences et ne cherchent pas à trouver la perle rare. Et trois, que les demandeurs d'emploi n'attendent pas que l'emploi vienne à eux mais qu'ils aillent à l'emploi (en étant davantage prêts à changer de secteur, de fonction, de région, etc.).