On ne sait toujours pas. Car le Fonds monétaire international ne donnera son accord à un dégel des montants (86 milliards) consentis en 2015 que s'il est convaincu qu'Athènes pourra rembourser ses dettes. Or, il ne l'est pas.

Malgré diverses opérations de refinancement depuis 2010, la dette grecque évolue toujours à un niveau himalayen : près de 180 % du PIB. De l'avis de beaucoup, les conditions imposées à la Grèce lors du dernier plan de sauvetage en 2015 sont impossibles. Certes, la Grèce a affiché en 2016 un surplus de 2 %, bien mieux que l'objectif de 0,5 % qui lui avait été imposé. Mais on lui demande d'atteindre 3,5 % en 2018. " Réaliste ", dit la Commission européenne qui estime que la Grèce devrait afficher un confortable excédent budgétaire de 3,7 % du PIB cette année-là. " Impossible en l'état ", rétorque le FMI qui demande davantage d'efforts, tant à l'Europe qu'à la Grèce. Côté grec, il exige davantage de coupes dans les pensions, qui ont pourtant subi une nouvelle réforme douloureuse en septembre dernier. Côté européen, il réclame un engagement à alléger la dette grecque, c'est-à-dire l'abandon d'une partie des créances. Mais Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, ne veut pas en entendre parler.

Du coup, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s'inquiète. Il demande que le FMI et l'Allemagne " cessent de jouer avec le feu ". Car la fenêtre de tir pour atteindre la cible se rétrécit. Pour bien faire, il faudrait arriver à une solution lors de l'Eurogroupe du 20 février. Après, il sera trop tard : l'approche des élections aux Pays-Bas dans un mois, puis en France deux mois plus tard, rendra la possibilité d'un accord de plus en plus hypothétique. Et sans le FMI, les Européens se retrouveront seuls pour assumer le problème grec...

179,7 %, c'est le niveau atteint par la dette grecque aujourd'hui.