"D'abord nous voulons (rétablir) la confiance et la crédibilité" de la Grèce, mises à mal par les années de crise qui ont vu l'économie plonger, a expliqué le dirigeant pour sa première rencontre en tant que chef de gouvernement avec la chancelière allemande Angela Merkel.

"Et ensuite nous aborderons éventuellement le sujet de la dette", a ajouté M. Mitsotakis, désigné Premier ministre à l'issue des élections législatives du 7 juillet où son parti Nouvelle Démocratie (ND) a remporté la majorité absolue.

"Plus la croissance est forte, plus il est facile de maintenir la dette à un niveau supportable", a souligné M. Mitsotakis.

"Ce que nous voulons d'abord faire, c'est gagner une crédibilité politique en tant que gouvernement réformateur qui en premier lieu génère de la croissance", a-t-il insisté.

La question d'un effacement partiel ou d'un allègement de la dette "sera évoquée au moment opportun avec les créanciers et éventuellement au niveau bilatéral", a-t-il encore dit, prudent.

L'Allemagne, en première ligne dans le bras de fer qui avait opposé l'ancien gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras aux créanciers de la Grèce en 2015, a toujours rejeté l'idée d'un effacement même partiel de la dette grecque.

Or, elle constitue un fardeau sérieux pour une économie en convalescence, atteignant 179% du Produit intérieur brut (PIB).

Au moment du troisième plan d'aides accordées à la Grèce avec des conditions drastiques en 2015, le Fonds monétaire international (FMI) s'était prononcé pour un effacement partiel.

Passée à deux doigts de la banqueroute il y a quatre ans, la Grèce reste toujours sous surveillance de ses créanciers. Parmi les engagements de la Grèce, figure la réalisation d'excédents primaires budgétaires élevés, à 3,5% du Produit intérieur brut (PIB) pour les prochaines années.

Depuis sa campagne électorale, Kyriakos Mitsotakis cherche à réduire ce taux d'excédents à dégager pour favoriser la croissance mais Angela Merkel et Bruxelles sont jusqu'ici restés sourds à ses demandes.

Le leader de Nouvelle démocratie s'est lancé dans une tournée en Europe avec une première étape à Paris la semaine dernière où il avait invité les investisseurs français à "saisir les opportunités" qu'offre la Grèce.