"L'état des finances publiques a empiré", écrivait Knack il y a un an. Tant le déficit budgétaire que le taux d'endettement avaient augmenté en 2016. En 2017, nous avions vu une rupture : le déficit budgétaire a baissé de 2,8 à 1,1%, et le taux d'endettement a diminué de 106 à 103%. De plus en plus d'économistes sont d'accord : c'est surtout grâce à une bonne conjoncture internationale, et pas tant à la politique du gouvernement. Pour la Banque Nationale, l'assainissement des finances publiques doit "d'abord être basé sur une maîtrise réfléchie des dépenses". Sous le gouvernement Michel, les dépenses publiques diminuent, mais elles restent élevées. C'est surtout dû au nombre croissant de retraités et aux coûts liés au vieillissement. Et on ne peut en faire le reproche au gouvernement actuel : ses prédécesseurs auraient dû anticiper.
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"L'état des finances publiques a empiré", écrivait Knack il y a un an. Tant le déficit budgétaire que le taux d'endettement avaient augmenté en 2016. En 2017, nous avions vu une rupture : le déficit budgétaire a baissé de 2,8 à 1,1%, et le taux d'endettement a diminué de 106 à 103%. De plus en plus d'économistes sont d'accord : c'est surtout grâce à une bonne conjoncture internationale, et pas tant à la politique du gouvernement. Pour la Banque Nationale, l'assainissement des finances publiques doit "d'abord être basé sur une maîtrise réfléchie des dépenses". Sous le gouvernement Michel, les dépenses publiques diminuent, mais elles restent élevées. C'est surtout dû au nombre croissant de retraités et aux coûts liés au vieillissement. Et on ne peut en faire le reproche au gouvernement actuel : ses prédécesseurs auraient dû anticiper. "L'État doit être plus efficace", écrivait la Banque Nationale l'année dernière : les dépenses publiques étaient élevées alors qu'elles ne sont pas forcément assorties d'une meilleure prestation de services. Cela n'a pas changé. Nos dépenses publiques primaires s'élèvent encore toujours à 50% du PIB, ce qui nous place dans le "sommet" de l'Europe. Et les comparaisons internationales révèlent que nous recevons encore toujours trop peu en retour. En matière de mobilité par exemple, la situation est toujours lamentable. Et c'est ainsi que nous aboutissons à une autre lamentation: notre "infrastructure laisse à désirer". En 2017, la Banque Nationale plaidait en faveur de davantage d'investissements publics. Le gouvernement Michel ne s'en est occupé que la semaine dernière. Il a annoncé la création d'un fonds destiné à améliorer l'infrastructure. L'état et le secteur privé investiraient au moins 150 millions d'euros. C'est peu, et cela vient très tard. "Réformez les impôts sur les sociétés", demandait par ailleurs la Banque Nationale. C'est ce qu'a fait le gouvernement Michel après avoir longtemps tergiversé : le tarif a baissé de 34 à 29%. D'ici 2020, il doit continuer à baisser à 20%. Cependant, on craint que cette opération coûte de l'argent, ce qui est mauvais pour l'assainissement de nos finances publiques. "Attention à notre compétitivité", mentionnait le rapport de 2016. Chez nous, l'inflation avait augmenté davantage que dans nos pays voisins. Suite à notre système unique d'indexation salariale automatique, les salaires grimpent plus vite, ce qui peut à nouveau entraîner un écart salarial. L'année dernière, notre inflation s'élevait toujours à 0,5 pour cent de plus que dans la zone euro. Le gouvernement a simplement commandé une étude sur le sujet. Il n'a pas discuté de l'indexation salariale automatique. À cela s'ajoute qu'en 2016 notre productivité (la quantité de travail produit en une heure) a baissé de 0,6 pour cent. Coûts salariaux en hausse et productivité en baisse : notre compétitivité n'y trouve absolument pas son compte. C'est pourquoi la Banque soulignait "qu'il faut une forte croissance de productivité". En 2017, il n'en était pas question : la croissance s'élevait à peine 0,3%. En 2016, le chômage était "scandaleusement élevé" selon la BNB : le taux de chômage atteignait les 8%. En 2017, il a baissé à 7,3%, ce qui est toujours très élevé. Devons-nous limiter le chômage dans le temps ? Le gouvernement Michel a esquivé la discussion. La NBB a suggéré qu'il fallait réfléchir à cette question. En outre la NBB a qualifié notre taux d'emploi faible de problématique : le nombre de personnes âgées de 20 à 64 ans ayant un emploi payé était de 67,7% en 2016, ce qui nous place en queue du peloton européen. L'année dernière, le taux d'emploi a légèrement augmenté à 68,3%. Les personnes peu qualifiées, les jeunes et les habitants de pays en dehors de l'UE ont plus de mal à trouver du travail. À ce niveau, nous nous en sortons moins bien que les pays voisins, et contre eux non plus le gouvernement Michel n'a pas pu faire grand-chose. Finalement, la NBB indiquait qu'en Belgique "un adulte sur cinq risque la pauvreté". Il est clair qu'en France et aux Pays-Bas, ce chiffre est plus bas. Ce sont surtout les gens sans travail qui s'en sortent moins bien. Rien n'indique que cela a changé depuis 2016. Force est de constater que l'année dernière le gouvernement Michel a fait peu de cas des recommandations de la Banque Nationale, même si ce n'était pas la première fois que la BNB les formulait. Curieux de voir le nouveau rapport, plein de bons conseils que nos gouvernements pourront à nouveau jeter au vent.