"Le conseil des ministres a délibéré et approuvé le projet de loi", a-t-il déclaré, soulignant "le bilan très positif" de la première année de cet accord, qui est provisoirement entré en vigueur à près de 95% en septembre 2017. "Nos exportations vers le Canada ont progressé de 6,6% entre 2017 et 2018", a-t-il indiqué, précisant que l'excédent commercial français avec le pays nord-américain était passé de 50 à 450 millions d'euros pendant la même période.

Approuvé en février 2017 par le Parlement européen, le traité doit être approuvé par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe. L'Espagne et le Royaume-Uni l'ont déjà ratifié, mais l'Allemagne et l'Italie n'ont pas encore accordé formellement leur feu vert.

Concrètement, le Ceta, qui concerne au total 510 millions d'Européens et 35 millions de Canadiens, supprime les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones, élargit certains services à la concurrence et renforce la coopération en matière réglementaire. Il permet aussi la reconnaissance de 143 produits d'origine géographique protégée (AOP) au Canada, dont l'agriculture gagne à l'inverse un accès accru au marché européen. "C'est la reconnaissance de notre modèle agricole français et européen", s'est félicité M. Lemoyne.

Selon des chiffres canadiens, le pays nord-américain n'a exporté que 1.000 tonnes de viande de boeuf, soit à peine 2% du quota accordé par le Ceta, cette filière n'étant pas encore prête aux exigences européennes qui refusent notamment de la viande aux hormones de croissance. "Ce sont des quotas infimes", a assuré M. Lemoyne, qui a voulu rassurer les agriculteurs français. "Le Canada n'est pas outillé en termes de filières pour répondre aux normes européennes", a-t-il ajouté, précisant que seulement 36 fermes produisaient de la viande de boeuf sans hormone.