Le taux de sans-emplois aux Etats-Unis s'est maintenu à 3,9% et les créations d'emplois ont été plus fortes que prévu à 201.000 contre 147.000 en juillet, selon les données du ministère du Travail publiées vendredi.

Les analystes misaient sur 187.000 nouvelles embauches et un taux de chômage stable.

Mais surtout, face à l'étroitesse du marché de l'emploi, les salaires ont augmenté. La hausse du salaire horaire moyen sur un an en août --à 2,9%--, est la plus forte depuis juin 2009. Il y a neuf ans, le pays sortait de la récession provoquée par la crise financière.

Cette progression ne dépasse toutefois pas l'inflation mesurée par l'indice CPI qui a grimpé aussi en rythme annuel à 2,9% depuis deux mois.

Sur le mois, la hausse de la rémunération horaire moyenne est de 0,4%, la plus forte depuis décembre 2017. Les analystes ne comptaient que sur un progrès de 0,2%.

Alors que la croissance américaine a culminé à un plus haut en quatre ans à 4,2% en rythme annuel au 2e trimestre, dopée par les réductions d'impôts et la politique de dérégulation de l'administration Trump, les entreprises commencent à avoir du mal à pourvoir des postes, ce qui booste les rémunérations.

"C'est la plus grosse histoire de l'année 2018 !", s'est enthousiasmé le conseiller économique du président américain Donald Trump, Larry Kudlow sur la chaîne CNBC. "Ce boom économique, ce décollage que personne ne croyait possible !", a-t-il déclaré se félicitant que "les salaires augmentent très bien".

Depuis des mois, les observateurs ont guetté ces hausses de salaires qui tardaient à venir et ont fait douter les économistes de la logique économique qui veut qu'en temps de plein emploi, les rémunérations augmentent.

"Le grand mystère était pourquoi (les salaires) n'augmentent pas. Maintenant on apprend qu'ils montent finalement", a souligné Chris Low de FTN Financial.

Le mois dernier, les secteurs qui ont le plus embauché sont le commerce de gros, les transports et les services de santé. Même avec une révision à la baisse de 50.000 des embauches au cours des deux mois précédents, le dynamisme du marché du travail apparaît élevé pour une fin d'été.

Sur trois mois, la première économie mondiale crée 185.000 emplois mensuellement ce qui est près de deux fois plus que ce qu'il faut pour continuer à faire reculer le taux de chômage à population active égale.

- Conforter la Fed -

Petite ombre au tableau, l'emploi manufacturier, cheval de bataille du président Donald Trump, est tombé dans le rouge en août (-3.000) pour la première fois depuis un an.

Le nombre de chômeurs, qui fait l'objet d'une enquête séparée de celle des créations d'emplois --ce qui explique parfois les divergences d'évolution-- est resté stable malgré les embauches.

Le taux de participation à l'emploi a reculé de façon inattendue de 0,2 point de pourcentage à 62,7%, ce qui a contribué à maintenir la stabilité du taux de chômage.

Il y avait en août 6,2 millions de chômeurs aux Etats-Unis et encore 4,4 millions de personnes ne trouvent que des emplois à temps partiel.

Nul doute que ces bons chiffres de l'emploi et surtout la nette accélération des salaires va renforcer la Banque centrale (Fed) dans son intention de relever les taux d'intérêt lors de sa prochaine réunion monétaire du 26 septembre.

"Ces chiffres sont bien assez forts pour que la Fed continue à augmenter les taux", affirme Jim O'Sullivan, économiste en chef pour les Etats-Unis de HFE.

La Fed entend aussi renchérir encore le coût du crédit en décembre. Et en prévoyant à partir de janvier de tenir une conférence de presse explicative de son président Jerome Powell après chaque réunion monétaire toutes les six semaines au lieu de tous les trois mois, la Banque centrale s'offre aussi la liberté d'intervenir sur les taux plus facilement quand elle le veut.

Ces projets déplaisent à Donald Trump qui n'a pas manqué de critiquer la Fed à plusieurs reprises récemment parce qu'il trouve qu'elle ne "l'aide" pas. Un tour de vis monétaire rend en effet l'argent et les crédits plus chers dans l'optique de maîtriser une surchauffe de l'économie et des prix.

Mais des taux d'intérêt plus forts sont impopulaires auprès des consommateurs et poussent le dollar à la hausse ce qui handicape les exportations américaines, autre cheval de bataille de Donald Trump.

Washington optimiste sur les négociations commerciales avec Bruxelles

Les Etats-Unis se sont dits confiants vendredi sur les négociations commerciales avec l'Union européenne avant une réunion programmée lundi à Bruxelles entre le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

"Nous sommes optimistes (...) Je dirais que la relation entre les Etats-Unis et l'Union européenne se renforce. Je vois de la bonne volonté", a déclaré Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison Blanche, sur la chaîne américaine CNBC, relevant de nombreuses transactions possibles, citant le soja et le boeuf.

"Cela évolue de manière solide (...) ce qui me rend plutôt optimiste", a-t-il ajouté indiquant que Robert Lighthizer allait rencontrer dans la semaine son homologue européenne.

Début juillet, Donald Trump et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'étaient engagés à "travailler ensemble à l'élimination des droits de douane, des barrières non tarifaires" mais en excluant alors le secteur automobile.

Un "groupe de travail" est depuis chargé de travailler à la faisabilité et aux contours de cet accord.

La semaine dernière, la Commission avait fait savoir qu'elle envisageait notamment de réduire à zéro les droits de douane même sur les automobiles à condition que les Etats-Unis en fassent de même. Mais Donald Trump a estimé que cette proposition n'était pas suffisante.

Bruxelles a en outre annoncé cette semaine souhaiter entrer en discussions avec les Etats-Unis pour régler définitivement un ancien contentieux sur le boeuf aux hormones américain, signe, selon elle, de sa bonne volonté vis-à-vis du président américain.

Cette discussion ne vise pas à revenir sur l'interdiction européenne du boeuf aux hormones, mais de voir si "une partie" du quota d'importation dans l'UE de boeuf étranger "de haute qualité" peut-être "allouée aux Etats-Unis", avait-elle expliqué lundi.

Donald Trump estime que les Etats-Unis sont désavantagés dans les échanges commerciaux avec l'UE. Il exige de l'Europe, qu'elle ouvre davantage son marché aux produits américains notamment dans les secteurs automobile et agricoles.

Le taux de sans-emplois aux Etats-Unis s'est maintenu à 3,9% et les créations d'emplois ont été plus fortes que prévu à 201.000 contre 147.000 en juillet, selon les données du ministère du Travail publiées vendredi. Les analystes misaient sur 187.000 nouvelles embauches et un taux de chômage stable.Mais surtout, face à l'étroitesse du marché de l'emploi, les salaires ont augmenté. La hausse du salaire horaire moyen sur un an en août --à 2,9%--, est la plus forte depuis juin 2009. Il y a neuf ans, le pays sortait de la récession provoquée par la crise financière.Cette progression ne dépasse toutefois pas l'inflation mesurée par l'indice CPI qui a grimpé aussi en rythme annuel à 2,9% depuis deux mois.Sur le mois, la hausse de la rémunération horaire moyenne est de 0,4%, la plus forte depuis décembre 2017. Les analystes ne comptaient que sur un progrès de 0,2%.Alors que la croissance américaine a culminé à un plus haut en quatre ans à 4,2% en rythme annuel au 2e trimestre, dopée par les réductions d'impôts et la politique de dérégulation de l'administration Trump, les entreprises commencent à avoir du mal à pourvoir des postes, ce qui booste les rémunérations."C'est la plus grosse histoire de l'année 2018 !", s'est enthousiasmé le conseiller économique du président américain Donald Trump, Larry Kudlow sur la chaîne CNBC. "Ce boom économique, ce décollage que personne ne croyait possible !", a-t-il déclaré se félicitant que "les salaires augmentent très bien".Depuis des mois, les observateurs ont guetté ces hausses de salaires qui tardaient à venir et ont fait douter les économistes de la logique économique qui veut qu'en temps de plein emploi, les rémunérations augmentent."Le grand mystère était pourquoi (les salaires) n'augmentent pas. Maintenant on apprend qu'ils montent finalement", a souligné Chris Low de FTN Financial. Le mois dernier, les secteurs qui ont le plus embauché sont le commerce de gros, les transports et les services de santé. Même avec une révision à la baisse de 50.000 des embauches au cours des deux mois précédents, le dynamisme du marché du travail apparaît élevé pour une fin d'été. Sur trois mois, la première économie mondiale crée 185.000 emplois mensuellement ce qui est près de deux fois plus que ce qu'il faut pour continuer à faire reculer le taux de chômage à population active égale.- Conforter la Fed -Petite ombre au tableau, l'emploi manufacturier, cheval de bataille du président Donald Trump, est tombé dans le rouge en août (-3.000) pour la première fois depuis un an.Le nombre de chômeurs, qui fait l'objet d'une enquête séparée de celle des créations d'emplois --ce qui explique parfois les divergences d'évolution-- est resté stable malgré les embauches.Le taux de participation à l'emploi a reculé de façon inattendue de 0,2 point de pourcentage à 62,7%, ce qui a contribué à maintenir la stabilité du taux de chômage.Il y avait en août 6,2 millions de chômeurs aux Etats-Unis et encore 4,4 millions de personnes ne trouvent que des emplois à temps partiel.Nul doute que ces bons chiffres de l'emploi et surtout la nette accélération des salaires va renforcer la Banque centrale (Fed) dans son intention de relever les taux d'intérêt lors de sa prochaine réunion monétaire du 26 septembre. "Ces chiffres sont bien assez forts pour que la Fed continue à augmenter les taux", affirme Jim O'Sullivan, économiste en chef pour les Etats-Unis de HFE.La Fed entend aussi renchérir encore le coût du crédit en décembre. Et en prévoyant à partir de janvier de tenir une conférence de presse explicative de son président Jerome Powell après chaque réunion monétaire toutes les six semaines au lieu de tous les trois mois, la Banque centrale s'offre aussi la liberté d'intervenir sur les taux plus facilement quand elle le veut.Ces projets déplaisent à Donald Trump qui n'a pas manqué de critiquer la Fed à plusieurs reprises récemment parce qu'il trouve qu'elle ne "l'aide" pas. Un tour de vis monétaire rend en effet l'argent et les crédits plus chers dans l'optique de maîtriser une surchauffe de l'économie et des prix.Mais des taux d'intérêt plus forts sont impopulaires auprès des consommateurs et poussent le dollar à la hausse ce qui handicape les exportations américaines, autre cheval de bataille de Donald Trump.