Laurie Garrett, journaliste à Foreign Policy, évoque "l'épidémie des routes de la soie", faisant le parallèle entre la propagation de la maladie et le nom du grand programme d'infrastructures de Pékin, qui veut mieux connecter la Chine au reste du monde, pour l'irriguer encore davantage de ses produits et services. Résultat, selon elle: "il est désormais impossible de mettre la Chine en quarantaine".

Le bond économique de la Chine

Avec une croissance mirobolante depuis les années 90, la Chine s'est hissée au second rang des économies mondiales juste derrière les Etats-Unis. Elle représente désormais un sixième de la production de la richesse mondiale (PIB), près de 16%. "C'est deux fois plus qu'il y a dix ans et trois fois plus que lors de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère)", explique à l'AFP Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface. La croissance chinoise était déjà attendue cette année sous la barre symbolique des 6%, mais si elle perdait entre 1 et 2 points, comme le craignent les économistes, l'économie mondiale ne serait pas épargnée.

Pétrole et matières premières les premiers touchés

Les importations massives de pétrole et de matières premières ont largement soutenu le décollage industriel de la Chine. Même si elles ont ralenti au fur et à mesure que le pays voyait la part des services croître dans son économie, ces importations représentent toujours "10% de la consommation de la production mondiale de pétrole et surtout 40% de la consommation de métaux", souligne Charles de Quinsonas, du gestionnaire d'actifs M&G. Les cours du pétrole ont perdu plus de 15% depuis le début de l'année, ceux du cuivre 7%, de quoi plomber les comptes des pays exportateurs.

Le tourisme chamboulé

"Les touristes chinois dépensent chaque année 130 milliards de dollars dans le monde", rappelle M. Marcilly. Même si les deux principales destinations sont Hong Kong et Macao, des pays comme le Japon et la Thaïlande -qui accueillent chacun entre 5 et 6% des dépenses- vont sentir les conséquences de l'épidémie. Pour la France, l'impact est moindre, mais "le secteur du luxe pourrait être touché", souligne Alicia Garcia, cheffe économiste de Natixis pour l'Asie.

Avec l'émergence d'une classe moyenne aisée, la Chine est aussi devenue une locomotive du secteur du transport aérien. Par rapport à il y a dix ans, "450 millions de passagers supplémentaires par an se déplacent de et vers la Chine ainsi que dans le pays", avait indiqué l'Association internationale du transport aérien (Iata) fin janvier.

L'industrie pénalisée

"Un arrêt prolongé de l'activité en Chine pourrait perturber certaines chaînes d'approvisionnement dans la chimie, les équipements de transport et l'électronique", selon l'assureur-crédit Euler Hermes.

D'après Deniz Ünal, économiste au Cepii, "l'effet le plus frappant de l'épidémie concerne l'énergie, l'électronique et le matériel électrique", des secteurs où la Chine est "non seulement exportatrice nette mais souvent exportatrice unique".

La province du Hubei, au coeur de l'épidémie de coronavirus, est un centre important de la production automobile et "étant donné le très haut niveau d'interdépendance entre l'industrie automobile et le reste de l'économie, l'impact de l'épidémie sera probablement significatif sur la plupart des activités industrielles", souligne Euler Hermes.

Les constructeurs auto européens et américains, qui disposent de "sources d'approvisionnement multiples" ne devraient pas dans l'immédiat être contraints d'arrêter leur production, contrairement au sud-coréen Hyundai, indique l'analyste allemand du secteur Ferdinand Dudenhöffer. Une usine européenne du constructeur italo-américain Fiat Chrysler pourrait toutefois s'y retrouver contrainte.

Les exportations vers la Chine aussi concernées

"Pour une trentaine de pays dans le monde, la Chine est le premier pays destinataire des exportations", explique M. Marcilly. Des pays orientés vers l'exportation comme l'Allemagne vont donc souffrir. Autre scénario possible: que les Chinois se tournent davantage vers la consommation de produits nationaux après le coronavirus avec des conséquences plus douloureuses pour les exportateurs.

Les premiers concernés par un ralentissement des échanges avec la Chine seront les autres pays d'Asie, observe Mme Ünal, qui note que le commerce intra-asiatique pèse aujourd'hui 20% des échanges mondiaux, contre 5% en 2003.

Laurie Garrett, journaliste à Foreign Policy, évoque "l'épidémie des routes de la soie", faisant le parallèle entre la propagation de la maladie et le nom du grand programme d'infrastructures de Pékin, qui veut mieux connecter la Chine au reste du monde, pour l'irriguer encore davantage de ses produits et services. Résultat, selon elle: "il est désormais impossible de mettre la Chine en quarantaine".Le bond économique de la ChineAvec une croissance mirobolante depuis les années 90, la Chine s'est hissée au second rang des économies mondiales juste derrière les Etats-Unis. Elle représente désormais un sixième de la production de la richesse mondiale (PIB), près de 16%. "C'est deux fois plus qu'il y a dix ans et trois fois plus que lors de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère)", explique à l'AFP Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface. La croissance chinoise était déjà attendue cette année sous la barre symbolique des 6%, mais si elle perdait entre 1 et 2 points, comme le craignent les économistes, l'économie mondiale ne serait pas épargnée. Pétrole et matières premières les premiers touchésLes importations massives de pétrole et de matières premières ont largement soutenu le décollage industriel de la Chine. Même si elles ont ralenti au fur et à mesure que le pays voyait la part des services croître dans son économie, ces importations représentent toujours "10% de la consommation de la production mondiale de pétrole et surtout 40% de la consommation de métaux", souligne Charles de Quinsonas, du gestionnaire d'actifs M&G. Les cours du pétrole ont perdu plus de 15% depuis le début de l'année, ceux du cuivre 7%, de quoi plomber les comptes des pays exportateurs. Le tourisme chamboulé"Les touristes chinois dépensent chaque année 130 milliards de dollars dans le monde", rappelle M. Marcilly. Même si les deux principales destinations sont Hong Kong et Macao, des pays comme le Japon et la Thaïlande -qui accueillent chacun entre 5 et 6% des dépenses- vont sentir les conséquences de l'épidémie. Pour la France, l'impact est moindre, mais "le secteur du luxe pourrait être touché", souligne Alicia Garcia, cheffe économiste de Natixis pour l'Asie. Avec l'émergence d'une classe moyenne aisée, la Chine est aussi devenue une locomotive du secteur du transport aérien. Par rapport à il y a dix ans, "450 millions de passagers supplémentaires par an se déplacent de et vers la Chine ainsi que dans le pays", avait indiqué l'Association internationale du transport aérien (Iata) fin janvier. L'industrie pénalisée "Un arrêt prolongé de l'activité en Chine pourrait perturber certaines chaînes d'approvisionnement dans la chimie, les équipements de transport et l'électronique", selon l'assureur-crédit Euler Hermes.D'après Deniz Ünal, économiste au Cepii, "l'effet le plus frappant de l'épidémie concerne l'énergie, l'électronique et le matériel électrique", des secteurs où la Chine est "non seulement exportatrice nette mais souvent exportatrice unique".La province du Hubei, au coeur de l'épidémie de coronavirus, est un centre important de la production automobile et "étant donné le très haut niveau d'interdépendance entre l'industrie automobile et le reste de l'économie, l'impact de l'épidémie sera probablement significatif sur la plupart des activités industrielles", souligne Euler Hermes.Les constructeurs auto européens et américains, qui disposent de "sources d'approvisionnement multiples" ne devraient pas dans l'immédiat être contraints d'arrêter leur production, contrairement au sud-coréen Hyundai, indique l'analyste allemand du secteur Ferdinand Dudenhöffer. Une usine européenne du constructeur italo-américain Fiat Chrysler pourrait toutefois s'y retrouver contrainte.Les exportations vers la Chine aussi concernées "Pour une trentaine de pays dans le monde, la Chine est le premier pays destinataire des exportations", explique M. Marcilly. Des pays orientés vers l'exportation comme l'Allemagne vont donc souffrir. Autre scénario possible: que les Chinois se tournent davantage vers la consommation de produits nationaux après le coronavirus avec des conséquences plus douloureuses pour les exportateurs.Les premiers concernés par un ralentissement des échanges avec la Chine seront les autres pays d'Asie, observe Mme Ünal, qui note que le commerce intra-asiatique pèse aujourd'hui 20% des échanges mondiaux, contre 5% en 2003.