"Nous avons maintenant une semaine intense de négociations devant nous dans la perspective du Conseil européen extraordinaire de dimanche", qui doit entériner le projet d'accord, a déclaré Theresa May lors de la conférence annuelle de la principale organisation patronale britannique, la CBI, à Londres. Ces discussions doivent déterminer "les détails complets et définitifs du cadre de notre future relation" avec l'UE, a souligné la cheffe du gouvernement devant une foule de représentants du monde des entreprises, très majoritairement défavorables à un Brexit qui complique leurs affaires à court terme.

Le projet d'accord est "bon pour le Royaume-Uni" et "répond aux souhaits du peuple britannique", en permettant au pays de reprendre le contrôle de son argent, de ses lois et de ses frontières, a énuméré Mme May. Devant une salle comble d'un millier d'auditeurs bienveillants, dont certains étaient debout pour écouter le discours, la cheffe du gouvernement s'est voulue offensive.

L'accord qu'elle défend doit permettre de "sortir de ces programmes de l'UE qui ne sont pas dans notre intérêt, comme la Politique agricole commune et la Politique commune de la pêche", a argué la Première ministre conservatrice, qui entame une nouvelle semaine à haut risque sur le front politique intérieur avant un sommet européen consacré à l'accord dimanche. Après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, l'immigration apportera toujours "une contribution positive" au Royaume-Uni mais les ressortissants de pays de l'UE ne "passeront plus devant les ingénieurs de Sydney ou les développeurs de logiciels de Delhi".

Les candidats à l'immigration seront choisis en fonction de leurs compétences et non de leur pays d'origine, a défendu Mme May. Ce discours s'inscrit dans une série d'initiatives prévues pour convaincre les acteurs économiques, la société civile mais aussi les députés de son propre camp du bien fondé du projet d'accord conclu la semaine dernière entre son gouvernement et la Commission européenne.

Elle a d'ores et déjà reçu le soutien de la "patronne des patrons" britanniques, la directrice de la CBI Carolyn Fairbairn, qui a salué ce texte comme "un progrès obtenu de haute lutte". Pour le patronat, l'accord, si il est confirmé, permettrait au Royaume-Uni d'entrer dans une transition après le Brexit, une période de deux ans pendant laquelle les conditions de commerce avec l'UE seraient maintenues et que l'UE envisage de proposer à Londres de prolonger jusque 2022. La croissance économique britannique a un peu ralenti depuis le référendum pour le Brexit de juin 2016, à cause notamment d'une prudence des entreprises à investir face aux incertitudes du départ de l'UE.