L'ONG anticorruption Transparency International (TI) a dénoncé mercredi l'émergence d'un cercle vicieux où essor des populismes et corruption se nourrissent mutuellement, adressant à cet égard une mise en garde au président américain Donald Trump.

"2016 a montré que la corruption systémique mondiale et les inégalités sociales se renforcent mutuellement, conduisent au désenchantement populaire" et "fournissent un terrain fertile à la montée des populismes", indique dans un communiqué l'ONG basée à Berlin et qui publie son nouvel indice de "la perception de la corruption" dans le monde.

Mais "le populisme est le mauvais remède", poursuit-il. "Les pays qui installent des dirigeants autocrates populistes (à leur tête) descendent vraiment dans le classement" établi par TI, a dit à l'AFP Finn Heinrich, directeur de recherche à Transparency.

"Les dirigeants populistes aggravent les choses en sapant la démocratie et la liberté de la presse"

L'ONG pointe à ce titre du doigt la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, passée en un an du 66e au 75e rang, et la Hongrie du Premier ministre Viktor Orban, 57e cette année (50e en 2016).

Les dirigeants populistes promettent de combattre la corruption "mais ils ne le font pas, ils aggravent les choses en sapant la démocratie et la liberté de la presse", déplore M. Heinrich.

TI observe également avec circonspection les débuts de Donald Trump, investi vendredi: "ses premiers pas ne sont pas prometteurs. Quand on voit (qu'il) a nommé son gendre (Jared Kushner) haut conseiller à la présidence, ça n'est pas bon signe", estime M. Heinrich.

Selon lui, "si (M. Trump) tient sa promesse de combattre la corruption, je pense que les Etats-Unis" -- 16e l'an passé et 18e cette année -- "peuvent s'améliorer". Mais, au vu de ses décisions, "nous craignons qu'il y ait une chute".

Chaque année, Transparency établit un "Rapport sur la perception de la corruption", une évaluation (portant cette année sur 176 pays) sur une échelle de 0 à 100 allant du pays le plus corrompu au plus vertueux. Ce travail s'appuie sur des données collectées par 12 organismes internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou le Forum économique mondial.

Sans surprise, les pays nordiques -- Danemark (1er), Finlande (3e), Suède (4e), Norvège (6e) occupent le haut du classement dévoilé mercredi. Quatrième l'an passé, la Nouvelle-Zélande occupe cette fois la 1ère place ex-aequo. La Belgique se classe 15e, comme en 2015.

En bas de classement figurent plusieurs pays ravagés par des conflits, comme la Somalie (176e), le Sud-Soudan (175e) ou la Syrie (173e).

Le Qatar a lui connu la plus grosse chute de sa note (moins dix points) qui s'explique largement par les accusations de corruption autour de l'attribution du mondial 2022 de foot.

Le classement

Transparency note sur 100 les Etats du monde en rassemblant des avis d'experts d'organisations telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou la Fondation allemande Bertelsmann.

1. Nouvelle-Zélande 90 points

= Danemark 90

3. Finlande 89

4. Suède 88

5. Suisse 86

6. Norvège 85

7. Singapour 84

8. Pays-Bas 83

9. Canada 82

10. Allemagne 81

= Luxembourg 81

= Royaume-Uni 81

...

15. Belgique 77

18. Etats-Unis 74

...

20. Japon 72

...

23. France 69

...

41. Espagne 41

...

60. Cuba 47

= Italie 47

...

166. Venezuela 17

= Irak 17

168. Guinée-Bissau 16

169. Afghanistan 15

170. Libye 14

= Yémen 14

= Soudan 14

173. Syrie 13

174. Corée du Nord 12

175. Sud-Soudan 11

176. Somalie 10

L'ONG anticorruption Transparency International (TI) a dénoncé mercredi l'émergence d'un cercle vicieux où essor des populismes et corruption se nourrissent mutuellement, adressant à cet égard une mise en garde au président américain Donald Trump."2016 a montré que la corruption systémique mondiale et les inégalités sociales se renforcent mutuellement, conduisent au désenchantement populaire" et "fournissent un terrain fertile à la montée des populismes", indique dans un communiqué l'ONG basée à Berlin et qui publie son nouvel indice de "la perception de la corruption" dans le monde.Mais "le populisme est le mauvais remède", poursuit-il. "Les pays qui installent des dirigeants autocrates populistes (à leur tête) descendent vraiment dans le classement" établi par TI, a dit à l'AFP Finn Heinrich, directeur de recherche à Transparency.L'ONG pointe à ce titre du doigt la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, passée en un an du 66e au 75e rang, et la Hongrie du Premier ministre Viktor Orban, 57e cette année (50e en 2016).Les dirigeants populistes promettent de combattre la corruption "mais ils ne le font pas, ils aggravent les choses en sapant la démocratie et la liberté de la presse", déplore M. Heinrich.TI observe également avec circonspection les débuts de Donald Trump, investi vendredi: "ses premiers pas ne sont pas prometteurs. Quand on voit (qu'il) a nommé son gendre (Jared Kushner) haut conseiller à la présidence, ça n'est pas bon signe", estime M. Heinrich.Selon lui, "si (M. Trump) tient sa promesse de combattre la corruption, je pense que les Etats-Unis" -- 16e l'an passé et 18e cette année -- "peuvent s'améliorer". Mais, au vu de ses décisions, "nous craignons qu'il y ait une chute".Chaque année, Transparency établit un "Rapport sur la perception de la corruption", une évaluation (portant cette année sur 176 pays) sur une échelle de 0 à 100 allant du pays le plus corrompu au plus vertueux. Ce travail s'appuie sur des données collectées par 12 organismes internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou le Forum économique mondial.Sans surprise, les pays nordiques -- Danemark (1er), Finlande (3e), Suède (4e), Norvège (6e) occupent le haut du classement dévoilé mercredi. Quatrième l'an passé, la Nouvelle-Zélande occupe cette fois la 1ère place ex-aequo. La Belgique se classe 15e, comme en 2015.En bas de classement figurent plusieurs pays ravagés par des conflits, comme la Somalie (176e), le Sud-Soudan (175e) ou la Syrie (173e).Le Qatar a lui connu la plus grosse chute de sa note (moins dix points) qui s'explique largement par les accusations de corruption autour de l'attribution du mondial 2022 de foot.