Le président américain Donald Trump a assuré mardi qu'il "pourrait tout à fait soutenir" une réintégration de la Russie, marquant une nouvelle rupture avec ses alliés du G7 qui doivent se retrouver ce week-end à Biarritz, dans le sud-ouest de la France.

"Si une décision qui sera prise lors de ce sommet concernera la Russie, alors bien sûr nous l'examinerons et nous y répondrons", a déclaré lors d'une conférence de presse le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

La Russie a été exclue du G8, où elle se trouvait aux côtés de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014.

Moscou avait assuré l'année dernière n'avoir aucune intention de réintégrer le G8 après un premier appel de Donald Trump en ce sens, se disant satisfaite de travailler avec le format du G20.

M. Lavrov avait alors vanté le format du G20 comme "un mécanisme destiné à parvenir à un consensus", contrairement aux "ultimatums" des pays du G7 envers la Russie.

Au-delà de l'Ukraine, les relations entre la Russie et les Occidentaux sont plombées par des désaccords persistants sur la Syrie et l'Iran, des accusations d'ingérence dans les processus électoraux et par l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre en mars 2018.

Merkel et Johnson jugent prématuré un retour de la Russie dans le G7

Angela Merkel et Boris Johnson ont rejeté l'idée de réintégrer à ce stade la Russie dans le G7 avancée notamment par les Etats-Unis.

La chancelière allemande a certes reconnu quelques "légers mouvements" dans l'application des accords de paix en Ukraine orientale, lors d'une conférence de presse avec son homologue britannique à Berlin. "Si nous faisions là vraiment des progrès, alors nous aurions une nouvelle situation", a-t-elle dit. Or selon elle "nous n'avons pas encore assez avancé".

Boris Johnson, qui faisait en Allemagne sa première visite à l'étranger depuis sa prise de fonction, lui a emboîté le pas. "Je pense tout à fait comme la chancelière que la situation permettant un retour de la Russie dans le G7 demande encore à être réalisée", a-t-il dit.

Il a cité les "provocations de la Russie non seulement en Ukraine, mais dans de nombreux autres endroits" et évoqué l'"utilisation d'armes chimiques sur le sol britannique", à Salisbury quand un ex-agent double russe et sa fille Ioulia étaient tombés dans le coma après avoir été en contact avec l'agent neurotoxique Novitchok en mars 2018. La Russie a toujours nié être impliquée.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part jugé mercredi à Paris "pertinent qu'à terme la Russie puisse rejoindre le G8" dont elle a été exclue en 2014 après l'invasion de la Crimée. M. Macron a ajouté : "Le divorce a été acté au moment de l'invasion de l'Ukraine. La condition préalable indispensable" (à une réadmission de Moscou) "est qu'une solution soit trouvée en lien avec l'Ukraine sur la base des accords de Minsk".

Le président américain Donald Trump s'est quant à lui déclaré mardi favorable au retour au G8 avec la réintégration de la Russie, estimant que c'était "bien plus sensé", sans évoquer de préalable.

Le sujet sera abordé lors d'un Sommet des membres du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ce weekend à Biarritz, dans le sud-ouest de la France.