"Le ralentissement de la croissance mondiale devient préoccupant", a estimé le ministre, Bruno Le Maire, lors d'une audition devant la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, disant s'inquiéter notamment de l'effet des tensions commerciales et des conséquences du Brexit.

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à ce ralentissement: c'est la responsabilité principale des ministres de l'Economie et des ministres des Finances de la zone euro de prendre des initiatives sur ce sujet", a-t-il ajouté.

M. Le Maire a indiqué qu'il proposerait à ses partenaires européens "un nouveau contrat de croissance pour la zone euro", en marge d'une réunion du G20 Finances prévue en fin de semaine à Washington. "Ce contrat reposera sur quatre piliers", a-t-il précisé.

Le premier pilier est la "poursuite des réformes structurelles dans les pays qui doivent gagner en compétitivité", notamment en France. "La France va s'engager" sur ces réformes, a-t-il assuré.

Le deuxième pilier concerne les Etats qui disposent de marges de manoeuvre budgétaires. Ces derniers "doivent investir davantage pour lutter avec nous contre ce ralentissement" économique, a estimé M. Le Maire, disant penser "à l'Allemagne", "aux Pays-Bas" et à la "Finlande".

Le troisième point de ce "contrat" porte sur une transformation de la zone euro. "Le budget de la zone euro doit être disponible pour juin prochain" et "l'union bancaire doit être réalisée d'ici fin 2019", a-t-il plaidé.

Le dernier pilier a trait à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière doit rester "accommodante", "pour éviter de resserrer le crédit et les disponibilités financières dont nos entreprises ont besoin", estime Bruno Le Maire.

Ces propositions interviennent alors que le Fonds monétaire international (FMI) vient de réviser à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2019.

Selon le FMI, l'économie mondiale devrait progresser de 3,3% cette année, soit une baisse de 0,2 point comparé aux prévisions de janvier. Dans la zone euro, la croissance devrait retomber à 1,3%, en raison notamment de la morosité en Allemagne (0,8%).

Ces derniers mois, plusieurs organismes internationaux, dont le FMI, ont appelé l'Allemagne à accroître ses dépenses pour soutenir son économie. Berlin a affiché en 2018 son cinquième excédent budgétaire consécutif, à 59,2 milliards d'euros.