"L'épidémie commence à marquer le pas", a assuré le président français Emmanuel Macron dans une allocution télévisée, annonçant que le 11 mai sonnerait le début du déconfinement partiel du pays, où le Covid-19 a fait près de 15.000 morts.

Aux Etats-Unis, "le pire est passé" à New York, a estimé le gouverneur de l'Etat Andrew Cuomo, tandis que le président Donald Trump évoquait "un plateau" de l'épidémie.

Après quatre semaines enfermés chez eux, les Français peuvent donc commencer à entrevoir la sortie du tunnel. Mais ce sera une sortie progressive: si les écoles rouvriront peu à peu à partir du 11 mai, les bars, restaurants ou cinémas resteront fermés jusqu'à nouvel ordre, tout comme les frontières avec les pays non-européens.

Preuve qu'un retour à la normale prendra du temps, le Festival d'Avignon, plus célèbre manifestation théâtrale au monde, a annoncé dans la foulée l'annulation de sa tenue en juillet.

Lors du début de déconfinement en France, toute personne présentant des symptômes sera testée et, si elle est positive, mise en quarantaine.

Quant au masque de protection, il "pourrait devenir systématique" dans "certaines situations", comme les transports en commun, a détaillé Emmanuel Macron, qui a reconnu que la France était "à l'évidence mal préparée" pour faire face à une telle pandémie.

Les gouvernements du monde entier planchent sur la stratégie de reprise de l'activité, qui sera forcément graduelle pour éviter une deuxième vague plus mortelle encore que la première.

Certains pays moins touchés, comme l'Autriche, ont déjà déclenché leur plan de sortie de crise, mais aucun, parmi les plus endeuillés, comme les Etats-Unis (plus de 23.500 morts), l'Italie (plus de 20.000), l'Espagne (plus de 17.000) ou le Royaume-Uni (plus de 11.000), n'avaient encore osé donner une date précise pour la fin des restrictions les plus draconiennes.

- Reprise très limitée en Espagne -

Dans l'immédiat, l'heure est encore au confinement.

Comme Paris, et après Rome ou Madrid, Londres envisage de le prolonger.

Les "mesures actuellement en vigueur" ne devraient pas être levées immédiatement, le pays n'ayant "toujours pas passé le pic" de l'épidémie, a annoncé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement en l'absence de Boris Johnson.

Ce dernier, contaminé par le Covid-19, était lui en convalescence dans la résidence de campagne des Premiers ministres, dans le nord-ouest du pays, après s'en être sorti, de son propre aveu, de justesse.

En Espagne, malgré la poursuite du confinement, le gouvernement a autorisé les travailleurs, sous conditions strictes, à reprendre le chemin des usines et des chantiers, après deux semaines "d'hibernation" de toutes les activités économiques non essentielles.

Pour tenter de relancer une économie fragile tout en évitant un rebond des contagions, des policiers et des volontaires ont distribué, dans les métros et les gares, dix millions de masques.

Maria Martinez, qui travaille dans un centre de santé, s'est félicitée d'en avoir reçu un en montant dans le train, "parce qu'on n'en trouve pas ou ils sont très chers".

Cette reprise très limitée est permise par les nouvelles sanitaires qui s'améliorent malgré la litanie des décès égrenée chaque jour aux quatre coins de la planète, qui a vu déjà plus de 117.000 morts depuis l'apparition du coronavirus en décembre en Chine.

En Italie ou en Espagne, les bilans quotidiens sont un peu moins lourds, et dans plusieurs pays, comme en France, le nombre de patients en réanimation à l'hôpital diminue lentement.

- "Virez Fauci" -

Aux Etats-Unis, un certain ralentissement est aussi constaté, même si on déplore toujours plus de 1.000 décès par jour (plus de 1.500 en 24 heures ont été enregistrés lundi) et si l'Etat de New York, épicentre américain de l'épidémie, a franchi la barre des 10.000 morts.

Le gouverneur Andrew Cuomo a appelé les habitants à ne pas relâcher les restrictions. "Si nous faisons quelque chose de stupide, vous verrez ces chiffres remonter dès demain", a-t-il prévenu, soulignant la précarité de l'embellie.

Lui aussi commence à envisager l'après-confinement, qui prévoira dans un premier temps "le redémarrage de certaines activités, en maîtrisant un fragile équilibre".

Au niveau de l'ensemble de la première puissance mondiale, la décision de "rouvrir" l'économie sera cruciale -- "la plus importante de ma vie", martèle Donald Trump.

"Nous sommes très près d'achever un plan pour ouvrir notre pays", a-t-il dit lundi. "Nous voulons ouvrir notre pays et revenir à une vie normale".

Son conseiller scientifique Anthony Fauci a estimé que l'économie pourrait redémarrer graduellement en mai grâce à un début d'amélioration des principaux indicateurs de la propagation.

Mais, nouveau couac dans une gestion souvent critiquée, la Maison Blanche a dû démentir que le président Trump entendait limoger le très respecté épidémiologiste, après que le milliardaire républicain eut retweeté un message contenant la mention "Virez Fauci".

En Allemagne, l'Académie nationale des sciences Leopoldina, dont les avis sont très suivis par les autorités, a aussi prôné lundi un retour "par étapes" à la normale, notamment si les chiffres des nouvelles contaminations "se stabilisent à un bas niveau" et si "les mesures d'hygiène sont maintenues".

- L'Afrique se confine -

La reprise du travail, bien entamée en Chine après la levée des mesures de confinement dans le berceau de la pandémie, est toutefois loin d'être à l'ordre du jour dans de nombreux autres pays, face à un virus qui, selon l'Organisation mondiale de la santé, est dix fois plus mortel que la grippe A (H1N1), apparue en mars 2009 au Mexique.

Au Gabon, le confinement ne fait ainsi que débuter à Libreville, la capitale, tandis qu'au Nigeria il est prolongé de deux semaines dans un climat social tendu doublé d'une multiplication des actes criminels.

Et la République dominicaine a reporté au 5 juillet ses élections présidentielle et législatives, initialement prévues le 17 mai.

Pour renforcer le contrôle du confinement, la ville de Moscou a elle lancé un système de laisser-passer électronique que les habitants devront télécharger pour pouvoir se déplacer en voiture ou en transport en commun.

Le président Vladimir Poutine a reconnu que la situation "n'évoluait pas dans la meilleure direction" en Russie, qui souffre de "pénuries" d'équipements de protection pour les personnels médicaux.

Sur le front économique, les pays exportateurs de pétrole ont convenu dimanche d'une baisse de production d'une ampleur inédite, dans l'espoir d'enrayer la chute des cours.

"L'épidémie commence à marquer le pas", a assuré le président français Emmanuel Macron dans une allocution télévisée, annonçant que le 11 mai sonnerait le début du déconfinement partiel du pays, où le Covid-19 a fait près de 15.000 morts.Aux Etats-Unis, "le pire est passé" à New York, a estimé le gouverneur de l'Etat Andrew Cuomo, tandis que le président Donald Trump évoquait "un plateau" de l'épidémie. Après quatre semaines enfermés chez eux, les Français peuvent donc commencer à entrevoir la sortie du tunnel. Mais ce sera une sortie progressive: si les écoles rouvriront peu à peu à partir du 11 mai, les bars, restaurants ou cinémas resteront fermés jusqu'à nouvel ordre, tout comme les frontières avec les pays non-européens.Preuve qu'un retour à la normale prendra du temps, le Festival d'Avignon, plus célèbre manifestation théâtrale au monde, a annoncé dans la foulée l'annulation de sa tenue en juillet.Lors du début de déconfinement en France, toute personne présentant des symptômes sera testée et, si elle est positive, mise en quarantaine.Quant au masque de protection, il "pourrait devenir systématique" dans "certaines situations", comme les transports en commun, a détaillé Emmanuel Macron, qui a reconnu que la France était "à l'évidence mal préparée" pour faire face à une telle pandémie.Les gouvernements du monde entier planchent sur la stratégie de reprise de l'activité, qui sera forcément graduelle pour éviter une deuxième vague plus mortelle encore que la première.Certains pays moins touchés, comme l'Autriche, ont déjà déclenché leur plan de sortie de crise, mais aucun, parmi les plus endeuillés, comme les Etats-Unis (plus de 23.500 morts), l'Italie (plus de 20.000), l'Espagne (plus de 17.000) ou le Royaume-Uni (plus de 11.000), n'avaient encore osé donner une date précise pour la fin des restrictions les plus draconiennes.- Reprise très limitée en Espagne -Dans l'immédiat, l'heure est encore au confinement.Comme Paris, et après Rome ou Madrid, Londres envisage de le prolonger.Les "mesures actuellement en vigueur" ne devraient pas être levées immédiatement, le pays n'ayant "toujours pas passé le pic" de l'épidémie, a annoncé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement en l'absence de Boris Johnson.Ce dernier, contaminé par le Covid-19, était lui en convalescence dans la résidence de campagne des Premiers ministres, dans le nord-ouest du pays, après s'en être sorti, de son propre aveu, de justesse.En Espagne, malgré la poursuite du confinement, le gouvernement a autorisé les travailleurs, sous conditions strictes, à reprendre le chemin des usines et des chantiers, après deux semaines "d'hibernation" de toutes les activités économiques non essentielles.Pour tenter de relancer une économie fragile tout en évitant un rebond des contagions, des policiers et des volontaires ont distribué, dans les métros et les gares, dix millions de masques.Maria Martinez, qui travaille dans un centre de santé, s'est félicitée d'en avoir reçu un en montant dans le train, "parce qu'on n'en trouve pas ou ils sont très chers".Cette reprise très limitée est permise par les nouvelles sanitaires qui s'améliorent malgré la litanie des décès égrenée chaque jour aux quatre coins de la planète, qui a vu déjà plus de 117.000 morts depuis l'apparition du coronavirus en décembre en Chine.En Italie ou en Espagne, les bilans quotidiens sont un peu moins lourds, et dans plusieurs pays, comme en France, le nombre de patients en réanimation à l'hôpital diminue lentement.- "Virez Fauci" -Aux Etats-Unis, un certain ralentissement est aussi constaté, même si on déplore toujours plus de 1.000 décès par jour (plus de 1.500 en 24 heures ont été enregistrés lundi) et si l'Etat de New York, épicentre américain de l'épidémie, a franchi la barre des 10.000 morts.Le gouverneur Andrew Cuomo a appelé les habitants à ne pas relâcher les restrictions. "Si nous faisons quelque chose de stupide, vous verrez ces chiffres remonter dès demain", a-t-il prévenu, soulignant la précarité de l'embellie.Lui aussi commence à envisager l'après-confinement, qui prévoira dans un premier temps "le redémarrage de certaines activités, en maîtrisant un fragile équilibre".Au niveau de l'ensemble de la première puissance mondiale, la décision de "rouvrir" l'économie sera cruciale -- "la plus importante de ma vie", martèle Donald Trump."Nous sommes très près d'achever un plan pour ouvrir notre pays", a-t-il dit lundi. "Nous voulons ouvrir notre pays et revenir à une vie normale".Son conseiller scientifique Anthony Fauci a estimé que l'économie pourrait redémarrer graduellement en mai grâce à un début d'amélioration des principaux indicateurs de la propagation.Mais, nouveau couac dans une gestion souvent critiquée, la Maison Blanche a dû démentir que le président Trump entendait limoger le très respecté épidémiologiste, après que le milliardaire républicain eut retweeté un message contenant la mention "Virez Fauci". En Allemagne, l'Académie nationale des sciences Leopoldina, dont les avis sont très suivis par les autorités, a aussi prôné lundi un retour "par étapes" à la normale, notamment si les chiffres des nouvelles contaminations "se stabilisent à un bas niveau" et si "les mesures d'hygiène sont maintenues".- L'Afrique se confine -La reprise du travail, bien entamée en Chine après la levée des mesures de confinement dans le berceau de la pandémie, est toutefois loin d'être à l'ordre du jour dans de nombreux autres pays, face à un virus qui, selon l'Organisation mondiale de la santé, est dix fois plus mortel que la grippe A (H1N1), apparue en mars 2009 au Mexique.Au Gabon, le confinement ne fait ainsi que débuter à Libreville, la capitale, tandis qu'au Nigeria il est prolongé de deux semaines dans un climat social tendu doublé d'une multiplication des actes criminels.Et la République dominicaine a reporté au 5 juillet ses élections présidentielle et législatives, initialement prévues le 17 mai.Pour renforcer le contrôle du confinement, la ville de Moscou a elle lancé un système de laisser-passer électronique que les habitants devront télécharger pour pouvoir se déplacer en voiture ou en transport en commun. Le président Vladimir Poutine a reconnu que la situation "n'évoluait pas dans la meilleure direction" en Russie, qui souffre de "pénuries" d'équipements de protection pour les personnels médicaux. Sur le front économique, les pays exportateurs de pétrole ont convenu dimanche d'une baisse de production d'une ampleur inédite, dans l'espoir d'enrayer la chute des cours.