Tous les regards des investisseurs et des marchés financiers sont tournés vers une seule date : le mois de décembre prochain. C'est en effet en décembre 2015 que l'on saura si les deux plus importantes et puissantes banques centrales au monde sauveront ou non notre monde.

Quand je dis "sauver", c'est une manière de parler. La Federal Reserve, la banque centrale américaine, devrait annoncer qu'elle augmentera ses taux d'intérêt. Cela fait presque 10 ans que les taux sont au plancher, et à force de les laisser à ce niveau trop bas, il existe un risque non négligeable de créer des bulles en Bourse... Malgré ce danger latent, la banque centrale américaine hésite encore à relever ses taux car, s'il y a bien une reprise de la croissance aux États-Unis, cette reprise s'avère très fragile.

Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), le dilemme est tout aussi fort. Vous savez que, depuis quelques mois, la BCE achète pour 60 milliards d'euros de dette publique. Or, 60 milliards d'euros par mois, c'est énorme ! Et malgré ce montant colossal, la croissance ne redémarre pas vraiment en zone euro. Le président de la Banque centrale européenne a donc fait comprendre aux marchés financiers qu'il était prêt à augmenter la dose en décembre si c'était nécessaire. Les Bourses ont adoré ce discours, elles ont grimpé juste après ce discours - et c'est là où nous sommes entrés dans un monde de fous.

Que nous disent les banques centrales américaine et européenne ? Qu'elles ne sont pas heureuses des chiffres économiques actuels. Grosso mode, ceux-ci montrent que, huit ans après le déclenchement de la crise, et malgré les milliards d'euros et de dollars déversés dans nos économies par ces banques centrales, nous ne connaissons toujours pas de croissance durable et robuste.

La Bourse n'est plus guidée par les chiffres économiques mais par la coke déversée par ces nouveaux dealers que sont les banques centrales.

Que fait la Bourse à chaque fois que cette mauvaise nouvelle est annoncée ? Elle grimpe ! Pourquoi grimpe-t-elle ? Parce que, tant que nos économies seront en mauvais état et que la croissance ne sera pas revenue, cela signifiera que les taux d'intérêt demeureront artificiellement bas, ce qui est très bon pour la Bourse. En effet, lorsque les taux des placements sûrs stagnent à 0%, vous n'avez pas d'autre choix, en tant qu'investisseur, que d'aller en Bourse pour chercher du rendement.

En clair, les mauvaises nouvelles économiques sont de bonnes nouvelles pour la Bourse. C'est fou mais c'est la triste réalité : la Bourse n'est plus guidée par les chiffres économiques ou par les fondamentaux des entreprises, mais surtout par la coke déversée par ces nouveaux dealers que sont les banques centrales.

Tout cela nous rappelle que, depuis huit ans, l'Occident recherche une croissance qui semble avoir disparu. Comme le dit joliment l'économiste Daniel Cohen, la croissance est la religion du monde moderne : si elle devait disparaître durablement, ce qui est le risque actuel, ce serait, pour le fonctionnement de notre société, comme une seconde mort de Dieu. En effet, à quel saint faudra-t-il se vouer si nous n'avons plus cette promesse d'un monde meilleur demain ?

Tous les regards des investisseurs et des marchés financiers sont tournés vers une seule date : le mois de décembre prochain. C'est en effet en décembre 2015 que l'on saura si les deux plus importantes et puissantes banques centrales au monde sauveront ou non notre monde.Quand je dis "sauver", c'est une manière de parler. La Federal Reserve, la banque centrale américaine, devrait annoncer qu'elle augmentera ses taux d'intérêt. Cela fait presque 10 ans que les taux sont au plancher, et à force de les laisser à ce niveau trop bas, il existe un risque non négligeable de créer des bulles en Bourse... Malgré ce danger latent, la banque centrale américaine hésite encore à relever ses taux car, s'il y a bien une reprise de la croissance aux États-Unis, cette reprise s'avère très fragile.Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), le dilemme est tout aussi fort. Vous savez que, depuis quelques mois, la BCE achète pour 60 milliards d'euros de dette publique. Or, 60 milliards d'euros par mois, c'est énorme ! Et malgré ce montant colossal, la croissance ne redémarre pas vraiment en zone euro. Le président de la Banque centrale européenne a donc fait comprendre aux marchés financiers qu'il était prêt à augmenter la dose en décembre si c'était nécessaire. Les Bourses ont adoré ce discours, elles ont grimpé juste après ce discours - et c'est là où nous sommes entrés dans un monde de fous.Que nous disent les banques centrales américaine et européenne ? Qu'elles ne sont pas heureuses des chiffres économiques actuels. Grosso mode, ceux-ci montrent que, huit ans après le déclenchement de la crise, et malgré les milliards d'euros et de dollars déversés dans nos économies par ces banques centrales, nous ne connaissons toujours pas de croissance durable et robuste.Que fait la Bourse à chaque fois que cette mauvaise nouvelle est annoncée ? Elle grimpe ! Pourquoi grimpe-t-elle ? Parce que, tant que nos économies seront en mauvais état et que la croissance ne sera pas revenue, cela signifiera que les taux d'intérêt demeureront artificiellement bas, ce qui est très bon pour la Bourse. En effet, lorsque les taux des placements sûrs stagnent à 0%, vous n'avez pas d'autre choix, en tant qu'investisseur, que d'aller en Bourse pour chercher du rendement.En clair, les mauvaises nouvelles économiques sont de bonnes nouvelles pour la Bourse. C'est fou mais c'est la triste réalité : la Bourse n'est plus guidée par les chiffres économiques ou par les fondamentaux des entreprises, mais surtout par la coke déversée par ces nouveaux dealers que sont les banques centrales.Tout cela nous rappelle que, depuis huit ans, l'Occident recherche une croissance qui semble avoir disparu. Comme le dit joliment l'économiste Daniel Cohen, la croissance est la religion du monde moderne : si elle devait disparaître durablement, ce qui est le risque actuel, ce serait, pour le fonctionnement de notre société, comme une seconde mort de Dieu. En effet, à quel saint faudra-t-il se vouer si nous n'avons plus cette promesse d'un monde meilleur demain ?