De l'argent en plus sur votre compte bancaire plutôt que ces chèques-repas et écochèques qui encombrent votre portefeuille ? Vous dites évidemment "oui". Les députés Egbert Lachaert et Vincent Van Quickenborne (Open Vld) viennent de déposer une proposition de loi en ce sens, dans un souci de simplification et de réduction des coûts pour les employeurs et les commerçants.
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De l'argent en plus sur votre compte bancaire plutôt que ces chèques-repas et écochèques qui encombrent votre portefeuille ? Vous dites évidemment "oui". Les députés Egbert Lachaert et Vincent Van Quickenborne (Open Vld) viennent de déposer une proposition de loi en ce sens, dans un souci de simplification et de réduction des coûts pour les employeurs et les commerçants. Le sujet mérite toutefois une réflexion un peu plus poussée. Les émetteurs de chèques, réunis au sein de l'association Via, défendent leur métier en avançant une analyse économique. Les chèques-repas représentent un montant annuel de 2 milliards d'euros, dépensés dans les commerces et l'horeca en Belgique. Si une somme équivalente était versée sur les comptes bancaires, elle ne serait pas intégralement dépensée : 400 millions seraient thésaurisés (l'économie belge souffre déjà d'un trop plein d'épargne et d'un manque de consommation) et 40 millions dépensés à l'étranger. De quoi, selon Via, mettre en péril jusqu'à 8.000 emplois en Belgique. L'octroi ou non de chèques-repas relève de la liberté des secteurs et des employeurs. Aujourd'hui, 1,9 million de travailleurs belges en reçoivent. Le remplacement de ces chèques par un montant équivalent défiscalisé sur les fiches de salaire conduirait à leur généralisation, au nom du principe d'égalité, poursuit Via. Cela réduirait les recettes de l'Etat de 2 milliards d'euros (ou augmenterait d'autant le coût salarial pour les entreprises). Les chèques-repas font partie des packages salariaux que peuvent offrir les employeurs. "Les entreprises ont besoin de se différencier de leurs concurrents sur le plan de la politique salariale, explique Jan Vandemoortele, directeur corporate markets chez Securex. Les travailleurs, certainement les plus jeunes, recherchent de la flexibilité dans les éléments qui forment leur rémunération, ils veulent pouvoir les adapter à leur situation familiale et professionnelle." Les chèques-repas sont en ce sens utiles pour la gestion des ressources humaines, au même titre que d'autres avantages complémentaires comme les assurances groupe, les allocations familiales complémentaires, la voiture de société, les bonus, etc. "Nous recevons beaucoup de demandes d'information sur les plans 'cafétéria', poursuit Jan Vandemoortele. Les employeurs ont besoin d'avoir de larges possibilités de choix dans ces avantages complémentaires afin d'attirer et de garder des talents." La proposition de loi de l'Open Vld marquerait aussi la fin des écochèques. Ils restent nettement moins populaires que les chèques-repas, même si les possibilités d'utilisation ont été élargies. "Les avis sont effectivement plus partagés concernant les écochèques, précise-t-on chez Via. La capacité à les écouler dépend du comportement d'achat des personnes. Mais le but est bien de faire évoluer ces comportements d'achat vers des produits plus durables."