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A lire aussi: Brexit: vers un accord commercial semblable au CETA avec le CanadaEn admettant que les négociations commerciales débutent dès maintenant, elles devraient aboutir au plus tard fin 2018 de manière à laisser le temps aux différents parlements nationaux (et parfois régionaux) d'entériner l'accord conclu. Respecter un tel timing est simplement impossible et une période de transition de plusieurs années sera nécessaire. Mais que veulent vraiment les Britanniques ? Leur absence de préparation étant évidente, ils brandissent sans cesse le spectre d'un non accord. Qu'est-ce que cela signifie ? Tout simplement que si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord commercial, le commerce extérieur entre les deux économies sera soumis aux règles standards de l'OMC, comme c'est le cas avec d'autres pays comme la Chine. Des tarifs douaniers seront alors appliqués, avec toutes les conséquences administratives que cela peut engendrer. Pour esquiver la critique, le Royaume-Uni ajoute qu'il pourrait se transformer en une sorte de paradis fiscal qui attirerait les entreprises européennes. Il pourrait aussi laisser sa devise se déprécier pour compenser les tarifs douaniers. Franchement, une telle menace n'est pas vraiment crédible, et même dans ce cas, le Royaume-Uni serait la première victime d'un non accord. D'autant plus qu'il lui faudrait gérer d'autres problèmes. L'absence d'union douanière réintroduirait, par exemple, les contrôles aux frontières sur toutes les marchandises. Pour ne prendre que le transport routier via Douvres et le tunnel sous la Manche, pas moins de 4,2 millions de camions devraient être contrôlés chaque année. Le secteur du transport britannique a ainsi calculé que si ces contrôles ne prennent que huit minutes par camion (aujourd'hui, ils en prennent 15 pour un camion nécessitant un contrôle administratif), un embouteillage permanent se formerait du terminal de Douvres jusqu'à ...Londres ! Il faudrait par ailleurs que les Britanniques (comme les Européens d'ailleurs) disposent du personnel suffisant pour contrôler les camions. Or, à ce jour, le Royaume-Uni n'a pas lancé la moindre formation de douaniers ou d'agents administratifs (ce qui prends trois ans au minimum). Le Brexit s'avère donc bien plus complexe que les porteurs du projet ne le prétendaient. Il a aussi un coût important pour le Royaume-Uni. De nombreuses entreprises se posent des questions au sujet de leur implantation outre-Manche et, dans le doute que laissent planer les Britanniques, pourraient décider de se relocaliser ailleurs. Si les négociateurs britanniques sont en plein doute, il en va dès lors de même de l'économie : la croissance ralentit, l'inflation progresse et la livre sterling dévisse. Bref, petit à petit, le prix du Brexit se fait sentir sur l'économie. Quand il sera effectif, cela risque d'en faire réfléchir plus d'un. Ce n'est donc pas un hasard si les bookmakers parient à 3 contre 1 que le Royaume-Uni reviendra dans l'Union européenne dans les 10 ans à venir !