Le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne pourrait causer des pertes de production allant jusqu'à 9,5% si on en croit une nouvelle étude. Cette étude utilise des modèles de calculs, intégrant les mesures de productivité, qui montrent un impact négatif sur le produit intérieur brut par habitant quatre fois plus important que les précédentes estimations, selon Johan Van Reenen, professeur d'économie appliquée du MIT Sloan School of Management, qui sout...

Le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne pourrait causer des pertes de production allant jusqu'à 9,5% si on en croit une nouvelle étude. Cette étude utilise des modèles de calculs, intégrant les mesures de productivité, qui montrent un impact négatif sur le produit intérieur brut par habitant quatre fois plus important que les précédentes estimations, selon Johan Van Reenen, professeur d'économie appliquée du MIT Sloan School of Management, qui soutenait le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.Ces nouvelles estimations, plus pessimistes, sont à imputer aux coûts bien plus élevés du manque à gagner des relations commerciales avec le reste de l'Europe. Or celles-ci comptent pour la moitié des revenus du commerce britannique. Ce manque à gagner impliquera moins de transactions commerciales et d'investissements étrangers, et donc des revenus moyens en baisse pour les Britanniques, explique-t-il."Le coût se révélera bien plus élevé que le montant que nous avons versé jusqu'à présent à l'Europe" souligne le professeur Johan Van Reenen dans une interview sur la chaîne télévisée de Bloomberg. "En s'éloignant de l'Europe, nous perdrons des investissements étrangers, des relations commerciales et les conséquences de cela auront un impact négatif sur notre productivité."L'économie britannique a montré jusqu'à présent une résilience surprenante à la suite du vote en faveur de la sortie. La croissance a surpassé les estimations durant le 4e trimestre, pour s'établir à 0,6%, même si cette hausse est presque encore entièrement due aux services et aux dépenses des consommateurs, poursuivant la tendance en dents de scie des dernières années.La Banque d'Angleterre prévoit une croissance qui ralentira cette année à cause d'une livre sterling , qui gonflera l'inflation, et des incertitudes qu'entraînent les négociations du Brexit sur les investissements."Souvent les personnes sous-estiment les bénéfices des relations commerciales et des investissements étrangers, et surestiment le coût de l'immigration, je pense" déclare Van Reenen. Les Britanniques "ne réalisent pas qu'il y a énormément davantage à une politique commerciale. Avoir beaucoup d'échanges commerciaux avec les autres pays peut être extrêmement bénéfique et augmenter nos standards de vie."