Les 11 km de tram liégeois ne rejoindront pas le rayon des vieux projets abandonnés. Le gouvernement wallon a en effet annoncé avoir obtenu l'aval d'Eurostat quant au sort budgétaire de cet imposant chantier. Le marché devrait dès lors pouvoir être attribué dans les prochains mois, en vue d'une mise en service en 2022. L'Europe n'a jamais contesté l'intérêt de l'aménagement de ce tram. Elle estimait cependant que la Wallonie assumait l'essentiel des risques de ce chantier et devait dès lors inscrire l'intégralité des 380 millions d'euros dans son budget annuel (sans amortissement), conformément aux règles de c...

Les 11 km de tram liégeois ne rejoindront pas le rayon des vieux projets abandonnés. Le gouvernement wallon a en effet annoncé avoir obtenu l'aval d'Eurostat quant au sort budgétaire de cet imposant chantier. Le marché devrait dès lors pouvoir être attribué dans les prochains mois, en vue d'une mise en service en 2022. L'Europe n'a jamais contesté l'intérêt de l'aménagement de ce tram. Elle estimait cependant que la Wallonie assumait l'essentiel des risques de ce chantier et devait dès lors inscrire l'intégralité des 380 millions d'euros dans son budget annuel (sans amortissement), conformément aux règles de comptabilité publique. Peu compatible avec le souci de résorption des déficits... auquel l'Europe veille également. Le partenariat public-privé était pourtant conçu depuis le début sur une optique dite DBFM (Design, build, finance and maintain), censée placer l'essentiel des risques sur les épaules du partenaire privé. Mais Eurostat a tiqué sur une série de points. Le gouvernement a tenté d'y répondre mais c'était juridiquement très délicat de toucher au cahier des charges, le marché ayant déjà été attribué par le précédent gouvernement. "J'ai décidé de repartir d'une page blanche, concède le ministre de la Mobilité Carlo Di Antonio (cdH). Nous avons réécrit le cahier des charges en tenant compte des remarques d'Eurostat. Les entreprises connaîtront les nouvelles règles avant de remettre leurs offres. " Revers de la médaille : ces entreprises pourraient revoir leurs prix à la hausse, puisqu'elles endossent plus fermement les risques de chantier. " Nous en sommes conscients, poursuit Carlo Di Antonio. Mais nous savons aussi que nous avons trois concurrents sérieux en lice et qu'une série de travaux déjà effectués (60 millions dépensés pour des impétrants et des études, Ndlr). Cela peut faire baisser la facture. " En vertu de quoi, le gouvernement en reste à l'annuité prévue de 42 millions d'euros pendant 30 ans. En a-t-on profité pour intégrer au cahier des charges le credo " Acheter wallon " ? " Non, dans un tel marché européen, cela ne peut pas être un critère de sélection des offres, répond Carlo Di Antonio. Cela dit, des firmes régionales participent souvent dans de tels consortiums pour le génie civil, les machines ou l'entretien. Un tiers du prix total concerne l'entretien et la maintenance. Cela implique des structures et donc de l'emploi sur place. " Le cahier des charges va prochainement être envoyé à trois consortiums sélectionnés. Le premier regroupe Alstom et BAMM, une société belge spécialisée dans le financement et la gestion des PPP (cette association avait gagné le marché initial et devrait recevoir une indemnité de 1,6 million, suite à son annulation) ; le deuxième associe le constructeur ferroviaire espagnol CAF, le groupe belge de construction Colas et le fonds d'investissement DIF ; et le troisième Skoda, le groupe français spécialiste des infrastructures de transport Vinci, le groupe industriel belge CFE et Meridiam, une société française spécialisée dans les investissements en infrastructures collectives.