Dès l'an prochain, en Wallonie, les propriétaires de panneaux photovoltaïques devront honorer des frais de réseau. Les installations d'avant juillet 2019 en seront exonérées. Est-ce bien fair-play, notamment pour tous les " sans panneaux " qui risquent, eux, de voir leurs factures augmenter ?
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Dès l'an prochain, en Wallonie, les propriétaires de panneaux photovoltaïques devront honorer des frais de réseau. Les installations d'avant juillet 2019 en seront exonérées. Est-ce bien fair-play, notamment pour tous les " sans panneaux " qui risquent, eux, de voir leurs factures augmenter ? Ce n'est pas exact comme vision. Nous aurons de plus en plus besoin de productions décentralisées et de réseaux intelligents pour gérer tout cela. Comment les finance-t-on ? Il est là le fond du problème. Et ce problème, moi, je ne l'aborde pas de la même manière qu'un organisme conservateur et comptable comme la Cwape ( le régulateur wallon conteste l'exonération pour les installations existantes, Ndlr). Des gens ont installé des panneaux photovoltaïques sans qu'on leur parle de tarif d'injection sur le réseau. Nous avons besoin que des citoyens investissent de la sorte. Pourquoi alors les décourager, en reprenant la parole donnée par les gouvernements précédents ? Certains le font mais, pour moi, la parole donnée a une valeur. Avec ce raisonnement, on ne pourrait jamais changer de règle car il y a toujours quelqu'un quelque part qui serait lésé. N'est-ce pas vous le conservateur ? Je sais bien que les règles fiscales peuvent évoluer. Mais dans le cas présent, il faut faire attention au signal que l'on donne. Des milliers de jeunes manifestent pour réclamer une production plus verte. Peut-on à la fois dire que l'on comprend ces jeunes et qu'il faut taxer ceux qui ont investi les premiers dans cette filière photovoltaïque ? Non. La Wallonie atteindra ses objectifs de production d'électricité verte en 2020, grâce entre autres à ces 150.000 familles qui ont fait l'investissement sur leur toit, et je ne suis pas certain que ce sera le cas partout ailleurs. Mais il faudra doubler l'effort d'ici 2030. Nous aurons besoin que d'autres investissements se réalisent dans un cadre prévisible. Alors, ne prenons pas les producteurs par surprise en modifiant les règles de tarification après investissement. Les conditions sont claires, chacun pourra faire ses calculs. Même avec ce tarif " prosumer ", les installations futures resteront tout à fait rentables. Ce tarif "prosumer" doit financer la modernisation des réseaux de distribution. L'exonération des installations historiques priverait les GRD (gestionnaires des réseaux de distribution) de 60 millions d'euros de recettes. Par quoi les compenserez-vous ? Oui, il faudra investir dans les réseaux et compteurs intelligents, afin de gérer une production de plus en plus décentralisée. Ce qui, soit dit en passant, permet de réduire les pertes. Ores et Resa ( les deux principaux GRD, Ndlr) sont ouverts à la discussion. Leurs actionnaires, des communes et des provinces, reçoivent quelque 200 millions d'euros de dividendes par an. Doivent-ils absolument continuer à se nourrir sur la bête de la sorte ? Je m'étonne de voir, par ailleurs, que les frais d'injection de réseau recommandés par la Cwape pour le grand éolien en Hainaut diminuent de moitié. Pourquoi offrir ce cadeau à des gros producteurs et s'attaquer aux petits qui ont quelques panneaux sur leur toit ?