Les lampions se sont éteints. L'année 2016 est derrière nous, avec ces attentats qui nous ont marqués au fer rouge, avec cette inquiétante montée du risque politique dans nos pays, avec ce système financier encore instable cherchant à se réinventer. Cet amoncellement de mauvais souvenirs, d'actes barbares et de mauvaises décisions est désormais enfoui dans un sac dont nous avons bien serré le noeud.
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Les lampions se sont éteints. L'année 2016 est derrière nous, avec ces attentats qui nous ont marqués au fer rouge, avec cette inquiétante montée du risque politique dans nos pays, avec ce système financier encore instable cherchant à se réinventer. Cet amoncellement de mauvais souvenirs, d'actes barbares et de mauvaises décisions est désormais enfoui dans un sac dont nous avons bien serré le noeud. Il est temps désormais de constituer notre to do list pour l'année qui débute, d'écrire nos bonnes résolutions sur des post-it et d'en tapisser les contours d'écran de nos ordinateurs. Tiens d'ailleurs, voilà la première tâche de ce pense-bête : il va falloir songer en 2017 à réveiller les investissements, notamment dans les infrastructures (transports, réseaux électriques, etc.) dont nous manquons. Ces deux dernières années, les montants déposés par les particuliers et les sociétés non financières ont encore augmenté d'une quarantaine de milliards d'euros. Ils dépassent aujourd'hui 450 milliards. Une partie de cet argent pourrait aller financer directement de nouvelles activités productrices et remettre en marche une croissance durable. Mais pour cela, un certain climat de confiance fait défaut. Il faudrait, pour le susciter, que les pouvoirs publics donnent l'exemple et investissent eux aussi. Or, le réveil est lent : les dépenses publiques, après avoir quasiment stagné l'an dernier (+ 0,2 % en 2016) ne devraient, selon les prévisions de la Banque nationale, progresser poussivement que de 0,5 % cette année. Mais on ressent plus qu'un frémissement du côté privé : les surcapacités se résorbent et les tout derniers indices manufacturiers montrent un niveau d'activité en zone euro que l'on n'avait plus atteint depuis six ans... Bien sûr, si l'investissement public ne progresse pas comme souhaité, c'est aussi parce qu'il existe encore un frein européen qui empêche les Etats membres de dépenser quand il le faudrait, c'est-à-dire en cas de crise. On ajoutera donc un post-it : " ne pas oublier de réveiller l'Europe ". Mais sans beaucoup d'espoir. A moins d'inscrire les leaders européens à un ice bucket challenge (ces compétitions dans lesquelles on s'asperge d'eau glacée au profit d'une bonne cause) afin de les secouer, l'Union progresse toujours à un pas de sénateur... quand elle progresse. Ne pas oublier non plus, cette année, de réformer l'impôt. C'était le grand espoir que pouvait nourrir le pays après la formation de la suédoise : un gouvernement linguistiquement déséquilibré, certes, mais idéologiquement plus homogène que les précédents aurait dû jeter les bases d'une nouvelle fiscalité, allégeant les ponctions sur les revenus du travail, incitant à la création de richesse et limitant les dépenses fiscales aux niches - vraiment nécessaires. Charles Michel semble bien résolu à faire aboutir ce dossier prochainement. Heureusement, car certains s'impatientent : selon Dominique Leroy, la patronne de Proximus, les grands cabinets de conseil sont embauchés par de plus en plus de multinationales qui envisagent de quitter la Belgique. Quant à nos pépites nationales, en manque d'incitants pour se développer seules, elles se jettent dans des bras étrangers. Dernière victime en date : le spécialiste mondial du code-barres et de l'identification des personnes et des biens, Zetes. Le géant nippon Panasonic vient de lancer une OPA sur le groupe. Ah, et essayons aussi, cette année, de rehausser un peu l'image du politique et des " élites ". Oui, c'est un travail peu aisé après les référendums britannique et italien, l'élection présidentielle américaine ou, plus près de nous, le scandale Publifin. Tentons cependant - citoyens, experts, journalistes - de faire la part des choses entre clichés et réalité. Ce n'est pas être naïf que de penser que nos représentants ne sont pas tous pourris, cupides, enclins au népotisme. Mais il y a du travail à abattre. Il y a un monde à bâtir. Et l'on aimerait qu'il soit très, très différent de celui légué par 2016...