Après avoir reçu les organisations syndicales et patronales les unes après les autres mercredis, le Premier ministre Edouard Philippe les réunit ensemble jeudi. Objectif: trouver une sortie à la crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre. Le mouvement entraîne de grosses tensions et d'énormes embouteillages. De nombreux usagers des transports publics s'inquiètent de savoir s'ils pourront rejoindre leurs familles en train pour fêter Noël.

Les secteurs du commerce et du tourisme, pour lesquels la période des fêtes est cruciale, ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 25 à 45%. La situation est "catastrophique à Paris", selon l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih).

Si les appels à une trêve de Noël se multiplient, les discussions entre gouvernement et syndicats mercredi n'ont pas débloqué la situation. "Entre Philippe et les syndicats, le dialogue de sourds se poursuit", titre jeudi le quotidien Le Figaro.

Laurent Berger, dirigeant du premier syndicat du pays (CFDT), a estimé mercredi soir qu'on était "très, très loin d'un accord" permettant de mettre un terme à la grève. L'intersyndicale (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU), qui réclame le retrait du projet de réforme des retraites, s'est entendue pour organiser des actions jusqu'à fin décembre.

Plusieurs cortèges étaient organisés jeudi dans toute la France, même si ces initiatives devraient être moins massives que les manifestations des 5 et 17 décembre (respectivement 806.000 et 615.000 personnes dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, contre 1,5 et 1,8 milion, selon le syndicat CGT en tête de la contestation).

- Contexte tendu -

Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme l'un des plus protecteurs au monde.

Le système à points voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux conducteurs de train de partir plus tôt.

L'exécutif promet un dispositif "plus juste", quand les opposants à la réforme redoutent une "précarisation" des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.

C'est l'ajout à cette réforme d'un "âge d'équilibre" (64 ans en 2027) qui a poussé dans la rue les syndicats réformateurs, comme la CFDT, favorables à la retraite à points: cet âge vise à maintenir l'équilibre financier du système, chacun pouvant continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après.

Plus de six Français sur dix (61%) n'approuvent pas la création d'un âge d'équilibre à 64 ans, selon un sondage Ifop.

Les détracteurs du projet comptent sur l'impopularité du président Emmanuel Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation du mouvement social des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux et parmi les étudiants, les policiers et les agriculteurs.

Cette réforme est une promesse de campagne du président Macron, qui a fait de la "transformation" du pays la raison d'être de son quinquennat. Il joue donc gros dans ce conflit. Sans s'exprimer directement, il a tout de même fait savoir mercredi qu'il était "disposé" à "améliorer" le projet.

Au 15e jour d'une grève illimitée, même si un léger mieux est attendu, les difficultés continuent pour les usagers des transports parisiens et ceux de la compagnie ferroviaire SNCF.

La compagnie fait circuler jeudi 2 trains à grande vitesse sur 5, 4 trains régionaux sur 10 et un train de banlieue en région parisienne sur 4. A Paris, six lignes de métro restaient fermées.

Après avoir reçu les organisations syndicales et patronales les unes après les autres mercredis, le Premier ministre Edouard Philippe les réunit ensemble jeudi. Objectif: trouver une sortie à la crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre. Le mouvement entraîne de grosses tensions et d'énormes embouteillages. De nombreux usagers des transports publics s'inquiètent de savoir s'ils pourront rejoindre leurs familles en train pour fêter Noël.Les secteurs du commerce et du tourisme, pour lesquels la période des fêtes est cruciale, ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 25 à 45%. La situation est "catastrophique à Paris", selon l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih).Si les appels à une trêve de Noël se multiplient, les discussions entre gouvernement et syndicats mercredi n'ont pas débloqué la situation. "Entre Philippe et les syndicats, le dialogue de sourds se poursuit", titre jeudi le quotidien Le Figaro. Laurent Berger, dirigeant du premier syndicat du pays (CFDT), a estimé mercredi soir qu'on était "très, très loin d'un accord" permettant de mettre un terme à la grève. L'intersyndicale (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU), qui réclame le retrait du projet de réforme des retraites, s'est entendue pour organiser des actions jusqu'à fin décembre.Plusieurs cortèges étaient organisés jeudi dans toute la France, même si ces initiatives devraient être moins massives que les manifestations des 5 et 17 décembre (respectivement 806.000 et 615.000 personnes dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, contre 1,5 et 1,8 milion, selon le syndicat CGT en tête de la contestation). - Contexte tendu -Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme l'un des plus protecteurs au monde.Le système à points voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux conducteurs de train de partir plus tôt. L'exécutif promet un dispositif "plus juste", quand les opposants à la réforme redoutent une "précarisation" des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.C'est l'ajout à cette réforme d'un "âge d'équilibre" (64 ans en 2027) qui a poussé dans la rue les syndicats réformateurs, comme la CFDT, favorables à la retraite à points: cet âge vise à maintenir l'équilibre financier du système, chacun pouvant continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais avec un malus sur sa pension et un bonus pour ceux partant après. Plus de six Français sur dix (61%) n'approuvent pas la création d'un âge d'équilibre à 64 ans, selon un sondage Ifop.Les détracteurs du projet comptent sur l'impopularité du président Emmanuel Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation du mouvement social des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux et parmi les étudiants, les policiers et les agriculteurs.Cette réforme est une promesse de campagne du président Macron, qui a fait de la "transformation" du pays la raison d'être de son quinquennat. Il joue donc gros dans ce conflit. Sans s'exprimer directement, il a tout de même fait savoir mercredi qu'il était "disposé" à "améliorer" le projet.Au 15e jour d'une grève illimitée, même si un léger mieux est attendu, les difficultés continuent pour les usagers des transports parisiens et ceux de la compagnie ferroviaire SNCF.La compagnie fait circuler jeudi 2 trains à grande vitesse sur 5, 4 trains régionaux sur 10 et un train de banlieue en région parisienne sur 4. A Paris, six lignes de métro restaient fermées.