"Une crise des subprimes touche la Chine. C'est un problème pour la Chine et pour le reste du monde", déclare Geert Noels, économiste et fondateur d'Econopolis. Il n'a aucune confiance dans les statistiques des Chinois et doute que le gouvernement chinois puisse investir dans la lutte plus de 3000 milliards de dollars pour les réserves internationales.
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"Une crise des subprimes touche la Chine. C'est un problème pour la Chine et pour le reste du monde", déclare Geert Noels, économiste et fondateur d'Econopolis. Il n'a aucune confiance dans les statistiques des Chinois et doute que le gouvernement chinois puisse investir dans la lutte plus de 3000 milliards de dollars pour les réserves internationales.Selon Noels, il y aurait eu un accord mondial entre les banques centrales au cours de la semaine dernière, comme à l'époque de la chute de Lehman Brothers. "Je déduis cela de certains mouvements sur les marchés financiers. Il y a des actions coordonnées en cours, tout comme nous l'avons observé ces dernières années dans les moments de crise."Noels n'a pas de preuves tangibles de l'action coordonnée des banques centrales, "mais bien un sentiment très fort". Par la suite, l'économiste a également évoqué la tonalité de mise en garde adoptée tant par Christine Lagarde, la présidente du FMI, que par la Banque des Règlements Internationaux (BRI) au cours des dernières semaines. "Leurs mots font penser à 2008", estime Noels.Dans son style passionné et enthousiaste, il a mis en garde par rapport à la politique menée par les banques centrales de par le monde. "Je suppose que chacun connait le jeu du Monopoly. Que faites-vous si un des joueurs n'a plus d'argent? Vous lui donnez de l'argent de la banque pour que cette personne puisse continuer à jouer ? Cela ne se trouve pourtant pas dans les règles du jeu, mais tout le monde le fait. Et vous ôtez ainsi au jeu ce qui en fait son âme. Le but du Monopoly, c'est de prendre des risques calculés. Si vous venez à chaque fois à la rescousse des participants qui ont pris trop de risques, ils prendront encore plus de risques la fois suivante. Que faites-vous s'il y a un hôtel sur chaque terrain? Vous mettez un second hôtel sur ces mêmes terrains? C'est de l'ineptie. Les gens adaptent leur comportement. Pourquoi épargnerais-je encore pour ma pension si je reçois tout de même une somme d'argent plus tard ? Il y a une raison pour laquelle nous devons nous tenir aux règles du jeu. Les gens ont besoin d'un contrat, d'un horizon. Cessons ces mesures non orthodoxes. Arrêtons l'ineptie."Mais selon ses propres dires, Noels se fait peu d'illusions. "La Banque Centrale européenne n'a pas de plan B. Les banquiers centraux vivent avec une vision télescopique. Ils poursuivront sur leur élan tant qu'ils en auront les moyens. Les taux d'intérêt ne peuvent peut-être plus diminuer, mais ils peuvent encore toujours acheter plus d'obligations d'Etat. Et les dettes ont-elles été éliminées au cours des dernières années ? Non, tout au contraire, la montagne de la dette continue à croître. On cite aujourd'hui toutes sortes d'économistes, mais personne n'évoque Minsky et le "moment de Minsky". A un certain moment, vous vous retrouvez coincé par les dettes. Ils désirent créer de la croissance qui n'existe pas en imprimant de l'argent supplémentaire. C'est une sorte de système pyramidal.""La Banque Centrale Européenne a elle-même déclaré qu'elle se sentait confortable lorsque l'inflation varie entre 0 et 2%. Nous nous situons à 1%. Quel est le problème ? Il ne s'agit pas d'inflation. Avez-vous déjà entendu quelqu'un se plaindre du fait que les prix baissent ? Il s'agit de dettes. Plus d'inflation fait fondre les dettes plus rapidement. Je pense que nous devons de toute urgence reconnaître qu'un certain nombre de dettes ne seront jamais remboursées.""Pourquoi devrions-nous supprimer l'exonération fiscale sur le livret d'épargne? Parce que Bruxelles ne se situe qu'à la 62ème place au classement des centres financiers. Londres, on ne pourra pas la rattraper, mais il y a tout de même une trentaine de pays que nous devrions pouvoir battre. Nous sommes à peu près les seuls avec cette exonération pour les livrets d'épargne. Les autres pays ne connaissent pas cela. C'est un point de référence. Ce n'est pas bon pour l'épargnant et ce n'est pas bon pour le paysage financier en Belgique. Vous créez une monoculture."Selon Noels, on doit aussi expliquer cela au grand public. "J'ai sursauté lorsque j'ai lu les titres des journaux: "Nouvelle attaque sur les livrets d'épargne", avec ma photo en dessous. C'est simplement LE moment de s'en occuper. Les épargnants ne le sentiront pas. Il reçoivent 0% d'intérêt sur leurs livrets d'épargne. Et cela restera 0%, même s'ils doivent payer un impôt dessus. Le lobby des banques a plaidé pendant des années pour le maintien de cette exonération, mais il a maintenant changé son fusil d'épaule.""Attention cependant", ajoute Noels. "Je ne veux pas dire que chacun doit aller retirer son argent de son livret d'épargne et commencer à acheter des actions avec cet argent. C'est toujours dangereux lorsque les gens commencent à dire 'il n'y a pas d'alternative'.""Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les personnes qui sont riches désirent prendre tellement de risques avec leur argent et leur placements. Il y a des risques que vous pouvez éviter. Pourquoi prendre des risques qui ne sont pas nécessaires ?