"Le coût macroéconomique global, estimé à 0,1 point de PIB au dernier trimestre de l'année 2018, est relativement faible par rapport à la richesse nationale", estime la mission d'information parlementaire chargée d'évaluer "l'impact" des violences constatées en marge de ce mouvement social.

Néanmoins, "cette perspective macroéconomique est loin de refléter l'étendue des répercussions économiques liées aux débordements", ajoute ce rapport d'étape, publié deux mois et demi après le lancement de la mission par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. D'après les parlementaires, les commerçants ont été les plus durement touchés. La baisse de fréquentation des centres-villes une trentaine de samedis d'affilée a entraîné des baisses du chiffre d'affaires de 20 à 30% pour les commerces concernés.

Quant aux centres commerciaux, ils ont fait état de "pertes de l'ordre de deux milliards d'euros". Pour les finances publiques, le mouvement a entraîné "une charge supplémentaire importante", souligne le rapport. Et la remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés au cours du mouvement "pourrait à terme coûter 71 millions d'euros", ajoute-t-il. En première ligne face à la gestion du mouvement et de ses impacts, les collectivités territoriales ont également dû mettre la main à la poche, parfois de façon importante.

Selon l'association France urbaine, les coûts liés notamment aux dégradations d'équipements et de mobilier ont atteint 30 millions d'euros. "Les coûts de la crise se révèlent considérables, pour ne pas dire ineffaçables, concernant certaines entreprises ou certaines municipalités prises isolément", souligne un des rapporteurs, pour qui "nombre de petits artisans et commerçants" dont la trésorerie était déjà fragile ne pourront "vraisemblablement pas se relever".