Dans un discours qu'il devait prononcer au Congrès, M. Powell, qui est sous la pression des marchés et de la Maison Blanche pour baisser les taux d'intérêt, a pointé "les inquiétudes sur la faiblesse de la croissance mondiale" et "les incertitudes autour des tensions commerciales" qui peuvent "avoir un impact sur l'économie américaine".

Le patron de la Fed a souligné que le rythme d'activité avait "ralenti dans plusieurs économies étrangères majeures". Il a en outre dévoilé que "beaucoup" de membres du Comité monétaire s'étaient "montrés disposés" à considérer "une politique monétaire un peu plus accommodante" lors de la dernière réunion du 19 juin où la Fed avait laissé les taux inchangés.

Un membre du Comité a même voté contre la décision de maintenir les taux en l'état, signant la première opposition depuis que M. Powell préside l'instance collégiale qui décide de la politique monétaire.

Le dirigeant et la Banque centrale sont sous la critique constante du président Donald Trump qui dans ses tweets réclame une baisse des taux et affirme que la Fed "ne sait pas ce qu'elle fait". Pour le bouillant président, qui brigue sa réélection en 2020, sans les hausses des taux de la Fed intervenues à la fin de l'année, les indices boursiers seraient beaucoup plus élevés et la croissance de l'économie américaine pourrait atteindre "4%, voire 5%", une envolée contestée par nombre d'économistes.

Le conseiller économique en chef de la Maison Blanche Larry Kudlow a assuré mardi que le mandat de Jerome Powell à la tête de la Banque centrale n'était pas menacé, démentant les informations de presse évoquant la volonté du président de le rétrograder. "On n'essaye pas de le faire partir à l'heure actuelle", a-t-il assuré. Tout en semblant identifier les risques d'un ralentissement qui pourrait justifier une baisse des taux d'intérêt par mesure de précaution, Jerome Powell s'est gardé de s'engager plus précisément sur une date. Le prochain rendez-vous monétaire est le 31 juillet et l'essentiel des acteurs financiers misent sur une baisse des taux. Mais M. Powell a aussi décrit une économie demeurant robuste, ce qui ne plaide pas pour un repli des taux.

"Notre scénario de base est que la croissance économique va rester solide, le marché du travail dynamique et que l'inflation va remonter autour de la cible de 2%", a-t-il expliqué. Au premier trimestre, la croissance a affiché 3,1% en rythme annuel et la première estimation d'expansion du deuxième trimestre doit être publiée le 26 juillet. De plus, le patron de la Fed a relevé le dynamisme de la consommation, traditionnel moteur de l'économie américaine: "les récentes données montrent qu'il y a un rebond des dépenses de consommation qui tournent à un rythme solide". A contrario, les investissements des entreprises ont ralenti, ce "qui reflète peut-être les inquiétudes autour des tensions commerciales et la plus lente croissance mondiale", a-t-il commenté. Enfin, l'inflation reste atone.