Alors que se tient ces jours-ci la traditionelle réunion des grands banquiers centraux de la planète dans la petite ville américaine de Jackson Hole (dans le Wyoming), l'évolution de la parité euro/dollar est sans aucun doute au coeur des discussions. Depuis le début de l'année, la monnaie européenne a en effet gagné plus de 10 % par rapport au billet vert. A tel point que la Banque centrale européenne (BCE) s'inquiète. Son président Mario Draghi redoute en effet que le renchérissement de la monnaie unique ne n...

Alors que se tient ces jours-ci la traditionelle réunion des grands banquiers centraux de la planète dans la petite ville américaine de Jackson Hole (dans le Wyoming), l'évolution de la parité euro/dollar est sans aucun doute au coeur des discussions. Depuis le début de l'année, la monnaie européenne a en effet gagné plus de 10 % par rapport au billet vert. A tel point que la Banque centrale européenne (BCE) s'inquiète. Son président Mario Draghi redoute en effet que le renchérissement de la monnaie unique ne nuise aux efforts de la BCE pour relancer l'inflation en zone euro en rendant les exportations moins attractives et les importations plus chères. Or, en règle générale, une augmentation de 10 % de la valeur de l'euro par rapport à ses contreparties se traduit généralement par 1 % de croissance en moins dans les deux années qui suivent. Instabilité à la Maison-BlancheQue faire ? Car plusieurs éléments expliquent cette vigueur de la monnaie unique. Un : la zone euro se porte bien. " Très bien même ", selon Koen De Leus, chief economist chez BNP Paribas Fortis. Sur le plan politique, on a évité le pire. Ni Geert Wilders aux Pays-Bas ni Marine Le Pen en France n'ont réussi à se hisser aux faîtes du pouvoir. Le danger de voir la zone euro imploser sous les coups de boutoirs des populistes est pour l'instant écarté. Deux : " les chiffres de croissance sont bons ", ajoute Koen De Leus. Ils avoisinent actuellement les 2 %, ce qui, pour l'économiste, est " extraordinaire ", compte tenu des prévisions qui tournent autour du pour cent. Le problème, c'est que de l'autre côté de l'Atlantique, Donald Trump est en train de perdre toute forme de crédibilité. " Les marchés comptent en effet sur la baisse des impôts qu'il a promise, poursuit Koen De Leus. Sans cette réforme fiscale, la croissance américaine va en prendre un coup l'année prochaine. Aujourd'hui déjà, on ne sait pas très bien si, à cause de la faiblesse persistante de l'inflation, la Fed va relever une troisième fois ses taux, comme elle a prévu de le faire d'ici la fin de l'année. Tout cela incite les investisseurs à se tourner vers la zone euro qui apparaît pour le moment comme plus sûre. Avec comme inconvénient pour Mario Draghi de voir donc l'euro s'apprécier fortement face au dollar, cela au moment où il est mis sous pression par les tenants de l'orthodoxie monétaire lui demandant de mettre un terme à sa politique ultra-accommodante. Un scénario qui, combiné à une forte appréciation de l'euro, pourrait mettre fortement à mal l'embellie économique en Europe ", conclut l'économiste.