A partir de 2020, les bourgmestres auront les mains plus libres dans la gestion des finances locales, à condition qu'ils fassent rapport une fois l'an. Actuellement, le collège des bourgmestre et échevins doit régulièrement solliciter l'aval du conseil communal en cas de rajustement de crédits ou de modification financière, ce qui entraîne, selon Liesbeth Homans (N-VA), vice-ministre présidente et ministre des Affaires intérieures, une lourde charge administrative et provoque une grande incertitude au sein des conseils communaux. S'y ajoute le fait que les collèges ont souvent tendance à minimiser ou à entourer d'un certain flou les causes et les conséquences des modifications financières qu'ils sollicitent, de sorte que, toujours selon la ministre, l'actuelle législation se trouve de facto, dépassée.

La mesure est donc abrogée. En échange, les bourgmestres devront faire rapport au moins une fois l'an sur les dossiers en cours et définir, à cette occasion, les lignes de force pour les années à venir dans une sorte de State of Union à l'échelon local, analogue à la Septemberverklaring que fait, en début d'année politique, le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA). Le collège des bourgmestre et échevins voit de la sorte son pouvoir financier augmenter au détriment des conseillers communaux dont les prérogatives se trouvent indéniablement rognées. La démocratie y gagnera-t-elle ? Absolument, insiste le gouvernement flamand, pour qui la mesure constitue une revalorisation du rôle du conseil communal, dont les membres ne doivent plus cibler en priorité les finances locales mais veiller au suivi des plannings, travaux et actions en cours.