Appelant à "freiner la détérioration des conditions de vie" et à "contenir les prix", les deux principaux syndicats, Commissions ouvrières (CCOO) et UGT comptaient mobiliser avec une grève nationale mercredi. Des manifestations sont prévues dans une soixantaine de villes, notamment à Madrid à partir de 18h00.

Cette journée d'action, soutenue par plusieurs associations de consommateurs, survient alors que la hausse des prix a atteint en février son plus haut niveau depuis 35 ans en Espagne (7,6%), en raison de la flambée des prix de l'énergie, dopés par la guerre en Ukraine.

"Mois après mois, les factures d'électricité, le chauffage, l'essence, les aliments, le logement et le transport augmentent. L'ensemble de la société souffre de cette situation", soulignent les organisateurs de cette grève, qui s'ajoute à une longue série de débrayages et de manifestations depuis dix jours en Espagne.

Le pays est confronté depuis le 14 mars à une grève illimitée des camionneurs, lancée par une plateforme de transporteurs indépendants. Ce mouvement, qui s'accompagne de multiples barrages routiers, perturbe fortement l'approvisionnement des supermarchés et met en difficulté de nombreuses entreprises.

Le gouvernement affronte également une grève des pêcheurs, qui ont cessé le travail lundi pour trois jours à l'appel d'une fédération regroupant près de 9.000 embarcations, et des chauffeurs de taxis, qui ont organisé mercredi des opérations escargots pour protester contre l'envolée des prix des carburants.

La colère s'est aussi étendue aux éleveurs et aux agriculteurs, touchés de plein fouet par la hausse du coût des engrais et des matières premières.

Près de 150.000 d'entre eux étaient venus manifester dimanche à Madrid, avec des chasubles fluorescents rappelant le mouvement des "gilets jaunes".

"Agir de façon unie"

Ce mouvement de grogne sociale - le plus important depuis l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez - a reçu le soutien des partis d'opposition, et en particulier de Vox (extrême droite), qui a organisé samedi ses propres rassemblements dans plusieurs villes d'Espagne.

Cette formation ultra-nationaliste, en plein essor, surfe sur le mécontentement d'une partie de la population, notamment dans les zones rurales, en accusant le gouvernement de "ruiner les classes moyennes" et les personnes "les plus défavorisées".

Une situation inconfortable pour l'exécutif, qui a pris ces derniers mois de multiples mesures pour augmenter les bas salaires et contenir les prix de l'énergie mais voit ses efforts réduits à néant par la spirale inflationniste.

Soucieux de désamorcer les critiques, Pedro Sanchez a promis voilà dix jours un "plan national" sur l'impact économique de la guerre en Ukraine, avec de fortes baisses d'impôts. Une enveloppe de 500 millions d'euros a par ailleurs été mise sur la table pour compenser la hausse du prix du gazole pour les transporteurs.

"Nous vivons un moment extraordinairement complexe", a souligné lors d'un point presse mercredi M. Sanchez, en disant vouloir faire son maximum pour "amortir" l'impact de la hausse des prix. Le Premier ministre s'est dit "convaincu" de parvenir à un accord "cette semaine" avec les transporteurs.

L'exécutif reste cependant évasif sur les contours et l'ampleur globale de son plan, M. Sanchez cherchant à obtenir au préalable une réponse commune de l'UE face à la crise énergétique lors du sommet de jeudi à Bruxelles.

L'UE doit "agir de façon unie" pour "réduire les prix de l'énergie", a-t-il insisté mardi.

Madrid exhorte depuis des mois l'UE à modifier le mécanisme qui couple les prix de l'électricité au marché du gaz. Cet appel est resté vain jusqu'à présent, mais Pedro Sanchez - qui a multiplié depuis mi-mars les rencontres avec ses homologues européens - espère un revirement à la faveur du contexte ukrainien.

Que se passera-t-il en l'absence d'accord ? Ces derniers jours, l'exécutif a assuré qu'il agirait de façon indépendante et adopterait des mesures via un décret-loi le 29 mars. Une date jugée trop tardive par certains manifestants, qui rappellent que d'autres pays, comme la France et l'Italie, ont déjà adopté des mesures d'urgence.

Appelant à "freiner la détérioration des conditions de vie" et à "contenir les prix", les deux principaux syndicats, Commissions ouvrières (CCOO) et UGT comptaient mobiliser avec une grève nationale mercredi. Des manifestations sont prévues dans une soixantaine de villes, notamment à Madrid à partir de 18h00.Cette journée d'action, soutenue par plusieurs associations de consommateurs, survient alors que la hausse des prix a atteint en février son plus haut niveau depuis 35 ans en Espagne (7,6%), en raison de la flambée des prix de l'énergie, dopés par la guerre en Ukraine."Mois après mois, les factures d'électricité, le chauffage, l'essence, les aliments, le logement et le transport augmentent. L'ensemble de la société souffre de cette situation", soulignent les organisateurs de cette grève, qui s'ajoute à une longue série de débrayages et de manifestations depuis dix jours en Espagne.Le pays est confronté depuis le 14 mars à une grève illimitée des camionneurs, lancée par une plateforme de transporteurs indépendants. Ce mouvement, qui s'accompagne de multiples barrages routiers, perturbe fortement l'approvisionnement des supermarchés et met en difficulté de nombreuses entreprises.Le gouvernement affronte également une grève des pêcheurs, qui ont cessé le travail lundi pour trois jours à l'appel d'une fédération regroupant près de 9.000 embarcations, et des chauffeurs de taxis, qui ont organisé mercredi des opérations escargots pour protester contre l'envolée des prix des carburants.La colère s'est aussi étendue aux éleveurs et aux agriculteurs, touchés de plein fouet par la hausse du coût des engrais et des matières premières. Près de 150.000 d'entre eux étaient venus manifester dimanche à Madrid, avec des chasubles fluorescents rappelant le mouvement des "gilets jaunes". Ce mouvement de grogne sociale - le plus important depuis l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez - a reçu le soutien des partis d'opposition, et en particulier de Vox (extrême droite), qui a organisé samedi ses propres rassemblements dans plusieurs villes d'Espagne.Cette formation ultra-nationaliste, en plein essor, surfe sur le mécontentement d'une partie de la population, notamment dans les zones rurales, en accusant le gouvernement de "ruiner les classes moyennes" et les personnes "les plus défavorisées".Une situation inconfortable pour l'exécutif, qui a pris ces derniers mois de multiples mesures pour augmenter les bas salaires et contenir les prix de l'énergie mais voit ses efforts réduits à néant par la spirale inflationniste.Soucieux de désamorcer les critiques, Pedro Sanchez a promis voilà dix jours un "plan national" sur l'impact économique de la guerre en Ukraine, avec de fortes baisses d'impôts. Une enveloppe de 500 millions d'euros a par ailleurs été mise sur la table pour compenser la hausse du prix du gazole pour les transporteurs."Nous vivons un moment extraordinairement complexe", a souligné lors d'un point presse mercredi M. Sanchez, en disant vouloir faire son maximum pour "amortir" l'impact de la hausse des prix. Le Premier ministre s'est dit "convaincu" de parvenir à un accord "cette semaine" avec les transporteurs. L'exécutif reste cependant évasif sur les contours et l'ampleur globale de son plan, M. Sanchez cherchant à obtenir au préalable une réponse commune de l'UE face à la crise énergétique lors du sommet de jeudi à Bruxelles. L'UE doit "agir de façon unie" pour "réduire les prix de l'énergie", a-t-il insisté mardi.Madrid exhorte depuis des mois l'UE à modifier le mécanisme qui couple les prix de l'électricité au marché du gaz. Cet appel est resté vain jusqu'à présent, mais Pedro Sanchez - qui a multiplié depuis mi-mars les rencontres avec ses homologues européens - espère un revirement à la faveur du contexte ukrainien.Que se passera-t-il en l'absence d'accord ? Ces derniers jours, l'exécutif a assuré qu'il agirait de façon indépendante et adopterait des mesures via un décret-loi le 29 mars. Une date jugée trop tardive par certains manifestants, qui rappellent que d'autres pays, comme la France et l'Italie, ont déjà adopté des mesures d'urgence.