En quatre ans, le nombre d'offres d'emploi a doublé en Belgique: de 61.608 (2013) à 132.158 fin 2017. Du baromètre conjoncturel de l'organisation patronale flamande Voka, il ressort que 43% des entreprises planifient des engagements au cours des six prochains mois. C'est deux fois plus qu'à l'automne 2013.
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En quatre ans, le nombre d'offres d'emploi a doublé en Belgique: de 61.608 (2013) à 132.158 fin 2017. Du baromètre conjoncturel de l'organisation patronale flamande Voka, il ressort que 43% des entreprises planifient des engagements au cours des six prochains mois. C'est deux fois plus qu'à l'automne 2013."Une poursuite de la relance en Europe est prévue en 2018", explique l'économiste en chef du Voka Stijn Decock. "Malgré les messages funestes concernant la destruction d'emploi par les technologies, les sociétés de haute technologie créent davantage d'emplois qu'elles n'en détruisent."Ce sont des chiffres et des messages que le gouvernement fédéral aime présenter. En 2018, il fera encore référence, avec la régularité d'une horloge, aux solides performances du marché du travail. C'est le principal trophée du Premier ministre Charles Michel (MR).La réforme de l'impôt des personnes physiques sera au centre de la communication. À partir du 1er janvier, le taux de taxation de 30% disparaît et la tranche du taux d'imposition de 40% s'élargit. Ensuite, le plafond des revenus pour bénéficier d'une majoration de la quotité exemptée augmente. Le prestataire de services RH SD Worx a calculé que les salaires nets augmenteront de 1,5 à 3% en 2018. L'annonce d'une diminution d'impôt au cours de la seconde moitié de la législature: un grand classique à la rue de la Loi.2018 sera dès lors l'année où les membres du gouvernement feront surtout de la communication. Car il ne faut plus s'attendre à une véritable politique. Pour l'équipe fédérale, ce sera une année en affaires courantes. Tout le monde sera en mode campagne pour les élections communales du 14 octobre. Une campagne qui se poursuivra naturellement par celle des élections fédérales, régionales et européennes de 2019.Il y aura peu ou pas de place pour une poursuite de l'assainissement des finances publiques. S'il s'avère que le solde structurel s'améliore réellement de 0,6% du PIB en 2017 (2,4 milliards d'euros), comme le gouvernement l'avait promis, ce sera alors un succès. Il est probable que le solde budgétaire varie toujours autour de -1% du PIB à l'horizon de fin 2018, certes bien mieux que les -3% en début de législature. Cette diminution est pourtant surtout attribuable à la diminution des charges d'intérêts et au supplément de recettes publiques dû à la forte croissance économique et à l'amélioration de la position concurrentielle.La compétitivité des entreprises belges ne s'affaiblira certainement pas en 2018, elle se renforcera peut-être même. Le handicap salarial à l'égard des pays voisins qui s'était constitué depuis 1996 a été éliminé. Mais il y a encore le handicap historique de quelque 10%. Celui-ci va doucement se réduire grâce à une loi plus stricte sur la compétitivité et des hausses salariales plus fortes en Allemagne.Fin 2018, ce sera toutefois aux partenaires sociaux de tenter de conclure un accord salarial pour 2019-2020. Les syndicats mettront la pression pour de réelles hausses salariales, les employeurs exigeront une poursuite du démantèlement du handicap salarial. En pleine campagne électorale, le gouvernement fédéral ne s'immiscera pas volontiers dans ce débat.