Le parti nationaliste perd en effet huit sièges tant à la Chambre qu'au Parlement flamand. Mais est-ce vraiment une défaite ? Pour répondre à cette question, il faut observer les objectifs poursuivis par la N-VA. Bart De Wever avait affiché son souhait de prendre la présidence du gouvernement flamand. La N-VA demeure de loin le premier parti au Parlement flamand, elle est en mesure de réunir la coalition régionale de son choix et elle pourrait même s'offrir le petit plaisir de renvoyer dans l'opposition le CD&V (qui tombe à 15% en Flandre, son minimum historique). Seul bémol, même en invitant le Vlaams Belang (VB) - ce qui demeure heureusement très improbable - la N-VA ne pourra pas se contenter d'une bipartite, plus simple...

Le parti nationaliste perd en effet huit sièges tant à la Chambre qu'au Parlement flamand. Mais est-ce vraiment une défaite ? Pour répondre à cette question, il faut observer les objectifs poursuivis par la N-VA. Bart De Wever avait affiché son souhait de prendre la présidence du gouvernement flamand. La N-VA demeure de loin le premier parti au Parlement flamand, elle est en mesure de réunir la coalition régionale de son choix et elle pourrait même s'offrir le petit plaisir de renvoyer dans l'opposition le CD&V (qui tombe à 15% en Flandre, son minimum historique). Seul bémol, même en invitant le Vlaams Belang (VB) - ce qui demeure heureusement très improbable - la N-VA ne pourra pas se contenter d'une bipartite, plus simple à gérer, au gouvernement flamand. Au niveau fédéral, le brouillard est complet. Mais qui croit que cette situation puisse donner des cauchemars à Bart De Wever ? Au contraire, la radicalisation du paysage politique au nord du pays sert ses desseins confédéralistes, voire indépendantistes : la N-VA et le VB (43 députés à eux deux) frôlent la majorité dans le rôle linguistique néerlandophone à la Chambre. Une telle proportion conduit à douter du maintien en l'état de la structure institutionnelle belge, quelles que soient les configurations que les autres partis pourraient imaginer à court terme. Et si, faute de solution, de nouvelles élections fédérales devaient être organisées dans quelques mois, avec cette fois une optique clairement communautaire, ce n'est pas cela qui devrait effrayer la N-VA. Bref, avoir contribué à ramener l'épouvantail du Vlaams Belang au centre du jeu, n'est pas forcément une stratégie perdante pour les nationalistes flamands. Et pourtant, Bart De Wever parle de défaite. Cette posture lui permet de rester au balcon sans trop se mouiller. " Je plains la personne qui devra démêler tout cela ", a-t-il confié à la VRT, comme s'il se dédouanait d'avance de tout rôle dans cette affaire. Or, il ne serait pas illogique que le président du premier parti au Parlement fédéral prenne ses responsabilités et se retrouve à la manoeuvre pour tenter de former un exécutif. L'autre option, c'est que la première famille politique prenne la main. La balle serait alors dans le camp du PS... dont Bart De Wever ne veut absolument pas entendre parler. A un moment donné, il faut pouvoir aussi assumer ses postures. Et les assumer jusqu'au bout. Pendant que Bart De Wever parlait de défaite, le Premier ministre Charles Michel était, lui, quasiment triomphant au moment de commenter les résultats. Sa coalition " suédoise " a pourtant été laminée par l'électeur, perdant un quart de ses députés et est désormais très minoritaire, même avec l'éventuel apport du cdH. Cela fait très longtemps qu'on n'avait plus vécu pareille déroute pour un gouvernement sortant. Exit, donc, l'hypothèse de la reconduction qui avait les faveurs du MR. Les libéraux avaient pourtant occupé l'avant-scène pendant toute la campagne, en multipliant les missiles vers la famille écologiste. Cette stratégie n'a peut-être pas permis au MR de remonter la pente mais elle a contribué à contenir la vague verte annoncée. Les résultats d'Ecolo restent en effet en dessous de leurs sommets historiques, en particulier en Wallonie. C'était peut-être l'un des objectifs politique du MR : rendre une coalition PS-Ecolo mathématiquement impossible à Namur et se glisser ainsi dans les négociations. Les libéraux, qui restent de loin le deuxième parti wallon, ont même un atout un peu inespéré dans leur poche : une alliance PS-MR est l'unique bipartite possible en Wallonie. Ce n'est pas gagné d'avance mais, au moins, c'est une perspective.