"Le Parlement européen plaide pour 2,7 milliards d'euros supplémentaires alors que le Conseil (les États membres) veut réduire le budget de 1,5 milliard. Selon (le commissaire européen au Budget) Günther Oettinger, c'est l'écart le plus important de ces dernières décennies", résumait l'eurodéputé belge Olivier Chastel (MR, Renew Europe), membre de la commission Budget du parlement européen.

Avec cet écart de plus de 4 milliards d'euros à réduire, "nous restons optimistes, mais nous savons que c'est un défi" car les positions du Parlement et du Conseil "diffèrent énormément", reconnaissait de son côté Bettina Hagedorn, la secrétaire d'État allemande aux Finances, à l'entame de la conciliation.

L'opposition est classique: l'assemblée parlementaire se montre soucieuse de développer les programmes européens et d'engager des investissements, tandis que les États membres, qui apportent les contributions nationales, cherchent plutôt à limiter les dépenses.

Initialement, le Parlement défendait un budget de 159,1 milliards d'euros en dépenses, en mettant l'accent sur le climat, la lutte contre le chômage des jeunes, Erasmus+, la recherche et l'innovation, tandis que les capitales européennes chiffraient l'exercice à 153,1 milliards en réclamant des marges suffisantes pour des imprévus, par exemple découlant du Brexit. Avant l'entame de la dernière ligne droite, les positions s'étaient donc légèrement rapprochées.

2020 pourrait être la dernière année de contribution britannique au budget de l'UE si le Brexit se concrétise sur un accord ouvrant une période transitoire. L'an prochain sera aussi le dernier exercice de la programmation budgétaire pluriannuelle (2014-2020), ce qui confère à la négociation une dimension supplémentaire: le budget 2020 servira en effet de référence si les deux institutions ne parviennent pas à s'entendre l'an prochain sur les recettes et dépenses de la programmation 2021-2027, pour laquelle plus de mille milliard d'euros sont en jeu.

L'échéance de cette négociation est fixée à lundi minuit. En cas d'échec, la Commission sera appelée à avancer une nouvelle proposition. Et si l'impasse perdure, l'UE sera contrainte d'entamer 2020 sur base des douzièmes provisoires.