L'information ayant fuité lors du dernier conseil communal, parents et directions d'établissements se sont trouvés pris de court. Dès la rentrée prochaine, en effet, cinq écoles moyennes de Brasschaat (le collège Saint-Michel, Mater Dei, l'Athénée, l'Athénée royal technique et l'Institut communal), au nord d'Anvers, pourront pratiquer des tests salivaires. Pas de manière systématique mais uniquement en cas de présomption d'usage de drogue et avec l'assentiment de l'élève, précise Inez Ven, échevine N-VA de l'Enseignement. En cas de refus, l'école pourra toutefois faire appel à la police.

L'initiative est pour le moins controversée. Face à la demande d'un enseignant, l'élève est-il vraiment libre de son choix dans la mesure où un refus de sa part fera quasi automatiquement naître le soupçon ? interroge Paul Van Deun, président du Centre flamand d'expertises pour l'alcool et les drogues (VAD). C'est également saper à la base la relation de confiance qui doit exister entre enseignés et enseignants, sans compter que, de son côté, la police a déjà fait savoir qu'elle réserve les tests qu'elle possède aux seuls contrôles routiers.

Paul Van Deun s'interroge également sur leur efficacité. Ces tests peuvent détecter cinq substances (cannabis, speed, XTC, cocaïne, héroïne) et sont si sensibles qu'ils peuvent indiquer une " consommation " chez une personne qui s'est simplement trouvée dans un lieu - une voiture, par exemple - où des drogues ont été consommées, de sorte qu'un examen médical approfondi est nécessaire. C'est d'ailleurs ce qui se passe en matière routière, conclut Paul Van Deun qui comprend le problème mais récuse la méthode. " Ce n'est pas aux enseignants à jouer aux policiers, estime-t-il, d'autant qu'en milieu scolaire, seul le cannabis est réellement présent. "