Il y a un an, alors que tous les indices de confiance étaient très élevés, les premiers replis ont été vus comme une pause temporaire, alors que la reprise était encore bien installée. Mais après une détérioration quasi continue de la confiance au cours de l'année passée, l'espoir d'un redressement rapide a laissé la place au doute : la détérioration va-t-elle se poursuivre jusqu'à refléter une récession ?
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Il y a un an, alors que tous les indices de confiance étaient très élevés, les premiers replis ont été vus comme une pause temporaire, alors que la reprise était encore bien installée. Mais après une détérioration quasi continue de la confiance au cours de l'année passée, l'espoir d'un redressement rapide a laissé la place au doute : la détérioration va-t-elle se poursuivre jusqu'à refléter une récession ? Il faut en effet souligner que ces indices de confiance, fondés sur des enquêtes auprès des ménages et des entreprises, sont de très bons indicateurs de l'activité réelle et sont rarement pris en défaut. En d'autres termes, un mouvement long et significatif de repli de la confiance a toujours été associé, in fine, à une récession. Dès lors, il est légitime de s'inquiéter : si dans les prochains moins, la confiance se stabilise, on peut effectivement considérer que la croissance économique restera faible mais positive. Par contre, un repli supplémentaire sera le signal que la période de redressement de la zone euro, qui a véritablement débuté en 2016, prend fin. Le mouvement de repli de la confiance, qui s'est même amplifié en fin d'année 2018, est d'abord lié au contexte économique général : on observe en effet un ralentissement économique mondial, qui affecte l'activité des économies très ouvertes de la zone euro. Mais il faut y ajouter les prix pétroliers temporairement très élevés en 2018, les tensions commerciales et les nombreux risques (géo)politiques. Le mouvement de repli de la confiance est largement dispersé à travers la zone euro. Néanmoins, deux cas particuliers attirent l'attention. D'une part, en France, la diminution de la confiance est marquée, tant auprès des consommateurs que des entreprises. Or, ce pays fait face à une vague importante de protestations et de blocages en tout genre. Les canaux par lesquels la confiance se replie se multiplient donc : ceux qui sont directement à l'origine des mouvements de protestations sont, par définition, très négatifs sur l'évolution économique future. Mais à eux seuls, ils ne suffiraient pas à expliquer l'ampleur du mouvement de repli. La confiance des personnes non impliquées directement dans les mouvements de protestation est également ébranlée, peut-être parce qu'en les relayant, les médias ou les réseaux sociaux se font surtout le reflet de ce qui ne va pas, ou peut-être tout simplement parce que les gens sont directement confrontés aux blocages. Le moral des commerçants ou des entreprises de transport et de logistique a également été, semble-t-il, ébranlé. Mais ce n'est pas qu'une question de sentiment et de confiance : le repli de ces indicateurs est aussi et surtout le signal que l'activité a réellement été affectée par les blocages. Or, et c'est essentiel, la faiblesse de l'activité risque en retour d'accroître le mécontentement (parce qu'une activité plus faible se traduit aussi par un emploi plus faible) et de poser rapidement un sérieux problème de finances publiques, limitant d'autant plus les moyens disponibles pour répondre, ne fût-ce que partiellement, aux demandes des uns et des autres. Le risque est donc bien réel de voir apparaître, en France, un cercle vicieux mêlant perte de confiance, perte d'activité et mécontentement, dont il sera difficile de sortir. D'autre part, le cas de l'Italie est intéressant. Les mouvements de protestation ont mené, lors des élections de mars dernier, à l'accession au pouvoir de deux partis que l'on qualifiera de populistes. Or, depuis l'avènement du nouveau gouvernement, on ne peut pas dire que la confiance ait rebondi. La confiance des consommateurs et surtout des entrepreneurs s'est repliée comme ailleurs, surtout en fin d'année. Pire encore, l'activité économique s'est repliée au troisième trimestre, et la suite ne s'annonce pas beaucoup mieux. Sans surprise donc, une fois confrontés aux réalités socio-économiques de leur pays, les partis populistes sont dans l'incapacité d'inverser le cercle vicieux décrit ci-dessus. " Redonner confiance " sera bien le thème premier de l'année 2019, tant sur le plan économique, social que climatique d'ailleurs.