Budgétairement, c'est un poids plume. L'Institute of Analytics for Health (Inah) se contente d'une subvention de 1,2 million d'euros, débloquée à la mi-juillet par le gouvernement wallon. Mais cet institut pourrait avoir la force de frappe d'un poids lourd. Il ambitionne en effet d'inscrire durablement la Wallonie dans le monde de la médecine digitale, de l'utilisation des bases de données pour améliorer la précision des diagnostics et faciliter les essais cliniques préalables à la mise sur le marché des médicaments innovants. " C'est la médecine de demain, résume Augustin Coppé...

Budgétairement, c'est un poids plume. L'Institute of Analytics for Health (Inah) se contente d'une subvention de 1,2 million d'euros, débloquée à la mi-juillet par le gouvernement wallon. Mais cet institut pourrait avoir la force de frappe d'un poids lourd. Il ambitionne en effet d'inscrire durablement la Wallonie dans le monde de la médecine digitale, de l'utilisation des bases de données pour améliorer la précision des diagnostics et faciliter les essais cliniques préalables à la mise sur le marché des médicaments innovants. " C'est la médecine de demain, résume Augustin Coppée, expert en santé au sein de la cellule Catch, chargée d'amorcer le redéploiement du bassin carolo après le départ de Caterpillar. Avec un terreau d'accueil favorable et cadré, nous pouvons espérer des retombées importantes, tant pour les patients que pour l'emploi et le tissu économique. " On salue d'autant plus cette ambition qu'elle s'ancre dans la réalité du terrain. Ses promoteurs n'ont pas cherché à réinventer la roue mais plutôt à développer une utilisation optimale d'éléments existants. En l'occurrence, il s'agit du réseau wallon de santé qui permet d'extraire, en les anonymisant, des données provenant des hôpitaux et des médecins généralistes wallons. Ce réseau fonctionne déjà entre les équipes médicales comme une aide au diagnostic et au traitement (le médecin peut savoir ce qui a marché, ou pas, chez ses confrères). Demain, grâce à l'Inah et avec le soutien du corps médical, il sera également accessible aux centres de recherche et aux sociétés pharmaceutiques. L'analyse des données doit les aider à répondre à un triple défi : apporter des " évidences " aux chercheurs afin de bien cibler leur travail, faciliter la recherche de patients avec des profils médicaux requis pour des essais cliniques spécifiques, ce qui, précise Augustin Coppée, constitue " l'un des principaux écueils actuels des start-up de la santé digitale ", et enfin, assouplir la livraison des produits aux patients. Ces éléments sont de nature à conforter la place acquise ces dernières années par l'écosystème wallon de la santé, qui attire de plus en plus d'investisseurs étrangers. Dans le domaine médical, la confidentialité des données est évidemment un élément crucial. Pour la garantir, l'Inah ne cèdera pas les données à des tiers. Il procèdera, grâce à l'intelligence artificielle, à une analyse statistique et aux corrélations demandées par le client (chercheur ou entreprise) et lui transmettra les résultats. Le projet pilote, financé par les ministres wallons Alda Greoli (Santé) et Pierre-Yves Jeholet (Economie), doit notamment établir le cadre éthique et technique de ces opérations, ainsi que les conditions financières de transmission des informations. Les entreprises wallonnes OncoDNA et DNAlytics, déjà actives dans la santé digitale, participent à ce projet pilote, décidément bien ancré dans les réalités du terrain.