Nos égouts recueillent en permanence d'infimes particules de métaux précieux : de l'érosion des alliances qui survient à chaque lavement des mains à l'or contenu dans certains médicaments pour combattre les rhumatismes, en passant par les nanoparticules d'argent utilisées pour réduire la mauvaise odeur de nos chaussettes et de nos vêtements de sport. Dans un contexte...

Nos égouts recueillent en permanence d'infimes particules de métaux précieux : de l'érosion des alliances qui survient à chaque lavement des mains à l'or contenu dans certains médicaments pour combattre les rhumatismes, en passant par les nanoparticules d'argent utilisées pour réduire la mauvaise odeur de nos chaussettes et de nos vêtements de sport. Dans un contexte de matières premières devenant de plus en plus rares, leur incinération suivie d'enfouissement heurte, quelque part, le bon sens. Telle est la genèse du projet Sublimus. Coordonné par Natacha Brion, post- doctorante attachée au laboratoire de géochimie analytique et environnementale de la VUB, ce projet en cours depuis six mois a déjà permis d'établir que les eaux résiduaires des stations d'épuration bruxelloises " produisaient " 5 à 10 kilos d'or et 70 à 100 kilos d'argent par an. Le but poursuivi n'est ni mercantile, ni même alchimique. Il est écologique. Les eaux de nos égouts charrient également d'autre métaux moins recommandables tels le plomb, le zinc ou le cuivre, de sorte que l'épandage agricole des boues qui résultent de leur traitement n'est pas vraiment recommandé. En Flandre, la pratique est au demeurant interdite. Outre les métaux précieux, des déchets toxiques tels le phosphore ou l'azote pourront également être séparés et réutilisés comme fertilisants. Des chercheurs de l'Ecole polytechnique de l'ULB ainsi que de la Haute Ecole Meurice participent à ces recherches qui se dérouleront en trois phases et devraient, en principe, aboutir d'ici 2022. Le pactole ? Pas vraiment. Il faudra encore, à ce moment-là, passer du laboratoire au stade industriel et étudier la rentabilité des procédés. Mais entre-temps, le prix des matières premières aura sans doute augmenté et celui des techniques de séparation et de filtration, considérablement baissé.