Charles Michel ne décolère pas depuis le referendum du 23 juin dernier et le chaos politique qui a suivi l'adoption du Brexit. "Je n'ai que 40 ans, mais c'est la première fois que je vois une démocratie dans une telle situation (...) Il y a de facto une sorte de trou noir. Qu'est-ce-qui va suivre ? Ils [les partisans du Brexit] n'ont même pas le courage de montrer la voie et de dire : voilà la direction..." a-t-il expliqué dans une interview publiée ce vendredi par le Financial Times. Il estime que ce n'est pas aux autres pays de l'UE de jouer les dépanneurs dans l'affaire.

"Je ne suis pas certain que les entreprises et les marchés financiers attendront jusqu'à la fin de l'année"

Il critique vivement la position des politiques britanniques de prendre le temps pour signifier la départ de l'UE. Il vise en particulier la position de Theresa May, candidate à la succession de David Cameron, qui a de grandes chances de l'emporter. Elle n'envisage pas de discussions avant la fin de l'année. "Je suis inquiet" dit-il, craignant une longue période d'incertitude. "Je ne suis pas certain que les entreprises et les marchés financiers attendront jusqu'à la fin de l'année."

Il allume aussi le plan de Theresa May d'ouvrir des discussions informelles avec un nombre restreint de pays de l'UE. Il s'agit pour lui d'une "erreur", qui pourrait rendre "plus difficiles" les discussions avec les 27 autres pays membres. Une fois la procédure de l'article 50 du traité de Lisbonne mise en oeuvre, la négociation doit avoir lieu avec le Conseil européen où sont représentés tous les pays de l'UE, qui votent à la majorité qualifiée.

Pas de marché unique sans libre circulation

Le Premier belge a aussi écarté par avance la demande d'un traitement spécial pour la Grande-Bretagne, tel que souhaité par les partisans du Brexit : maintient dans le marché unique débarrassé des obligations en matière de libre circulation des personnes. Ce serait, estime-t-il, un précédent qui menacerait l'ensemble du projet européen. "D'autres pays pourraient espérer, ou pourraient penser, garder les avantages sans avoir les inconvénients [du marché unique]. Ce n'est pas possible."

"Je n'accepterai pas de payer la facture"

Ces vives critiquesproviennent d'un politique plutôt proche de la Grande-Bretagne. "C'est un paradoxe car je suis un libéral et je soutiens en partie la stratégie de David Cameron pour des réformes économiques dans l'UE." Charles Michel apprécie le Premier ministre sortant qui souhaitait "plus de réformes concrètes, moins de technocratie, moins de bureaucratie." "Je regrette cette situation... même avec un ami comme le Royaume-Uni, je n'accepterai pas de payer la facture. Ce n'est pas mon intention. Maintenant il y aura une nouvelle relation." Sa pique principale vise Boris Johnson, qu'il accuse d'inconséquence. "Il a dit après les élections : "je ne sais pas, je laisse la place à d'autres pour expliquer ce que l'on doit faire." Ce n'est pas sérieux."

Robert van Apeldoorn

Charles Michel ne décolère pas depuis le referendum du 23 juin dernier et le chaos politique qui a suivi l'adoption du Brexit. "Je n'ai que 40 ans, mais c'est la première fois que je vois une démocratie dans une telle situation (...) Il y a de facto une sorte de trou noir. Qu'est-ce-qui va suivre ? Ils [les partisans du Brexit] n'ont même pas le courage de montrer la voie et de dire : voilà la direction..." a-t-il expliqué dans une interview publiée ce vendredi par le Financial Times. Il estime que ce n'est pas aux autres pays de l'UE de jouer les dépanneurs dans l'affaire."Je ne suis pas certain que les entreprises et les marchés financiers attendront jusqu'à la fin de l'année"Il critique vivement la position des politiques britanniques de prendre le temps pour signifier la départ de l'UE. Il vise en particulier la position de Theresa May, candidate à la succession de David Cameron, qui a de grandes chances de l'emporter. Elle n'envisage pas de discussions avant la fin de l'année. "Je suis inquiet" dit-il, craignant une longue période d'incertitude. "Je ne suis pas certain que les entreprises et les marchés financiers attendront jusqu'à la fin de l'année."Il allume aussi le plan de Theresa May d'ouvrir des discussions informelles avec un nombre restreint de pays de l'UE. Il s'agit pour lui d'une "erreur", qui pourrait rendre "plus difficiles" les discussions avec les 27 autres pays membres. Une fois la procédure de l'article 50 du traité de Lisbonne mise en oeuvre, la négociation doit avoir lieu avec le Conseil européen où sont représentés tous les pays de l'UE, qui votent à la majorité qualifiée.Pas de marché unique sans libre circulationLe Premier belge a aussi écarté par avance la demande d'un traitement spécial pour la Grande-Bretagne, tel que souhaité par les partisans du Brexit : maintient dans le marché unique débarrassé des obligations en matière de libre circulation des personnes. Ce serait, estime-t-il, un précédent qui menacerait l'ensemble du projet européen. "D'autres pays pourraient espérer, ou pourraient penser, garder les avantages sans avoir les inconvénients [du marché unique]. Ce n'est pas possible.""Je n'accepterai pas de payer la facture"Ces vives critiquesproviennent d'un politique plutôt proche de la Grande-Bretagne. "C'est un paradoxe car je suis un libéral et je soutiens en partie la stratégie de David Cameron pour des réformes économiques dans l'UE." Charles Michel apprécie le Premier ministre sortant qui souhaitait "plus de réformes concrètes, moins de technocratie, moins de bureaucratie." "Je regrette cette situation... même avec un ami comme le Royaume-Uni, je n'accepterai pas de payer la facture. Ce n'est pas mon intention. Maintenant il y aura une nouvelle relation." Sa pique principale vise Boris Johnson, qu'il accuse d'inconséquence. "Il a dit après les élections : "je ne sais pas, je laisse la place à d'autres pour expliquer ce que l'on doit faire." Ce n'est pas sérieux."Robert van Apeldoorn