Leurs coûts peuvent être considérables. Et, précisément, en ce domaine, 2016 se profile comme une année onéreuse. C'est ce qu'indiquent les chiffres établis par les réassureurs (pour rappel, ceux-ci prennent en charge une partie des risques des compagnies d'assurances et sont donc fortement concernés lors de désastres). Pour les six premiers mois de l'année, les dégâts se sont déjà élevés à 70 milliards de dollars au niveau mondial, d'après Munich Re. C'est davantage que sur la même période en 2015 (59 milliards). Mais c'est moins que la moyenne 2006-2015 (92 milliards). Une moyenne, il est vrai, influencée par l'année record de 2011, celle du séisme et du tsunami au Japon.

Les fléaux majeurs depuis janvier 2016 furent les séismes sur l'île Kyushu au Japon (25 milliards), les tempêtes dans le sud des Etats-Unis (12 milliards), les pluies torrentielles en Europe en mai et juin (6,1 milliards) ou encore les feux de forêt dans l'Alberta au Canada (3,6 milliards). De façon plus globale, tous ces événements n'ont pas les mêmes effets économiques selon qu'ils se produisent dans les pays développés ou les pays pauvres. Dans les premiers, où les infrastructures sont légion et l'urbanisation étendue, la facture finale grimpe rapidement. Cependant, la taille des économies et le recours aux assurances permettent d'amortir les chocs. Dans les pays pauvres ou isolés, les chiffres en valeur absolue sont moins impressionnants mais les dommages sont beaucoup plus profonds en termes de pour cent du PIB. Un exemple frappant est Haïti. Six ans après le séisme qui a ravagé Port-au-Prince, le pays ne s'en est toujours pas remis. Aujourd'hui, la question est de savoir jusqu'où les économies des uns comme des autres vont pouvoir surmonter ce genre d'épreuves. C'est qu'avec le réchauffement climatique, les événements météorologiques et hydrologiques extrêmes - qui causent près de 75 % des dégâts mondiaux - augmentent sur le long terme, comme le montrent les statistiques du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) de l'UCL, reconnu par l'ONU. Et cela devrait se poursuivre, voire empirer. Dans ce cadre, une étude toute récente du Potsdam Institue for Climate impact Research n'incite pas à l'optimisme. Selon elle, les dégâts des ouragans aux Etats-Unis - pays riche parmi les plus touchés - vont croître nettement plus vite à l'avenir que le PIB. Autrement dit, il sera de plus en plus difficile de les encaisser...

Par Jean-Christophe De Wasseige.