L'économie. Un ralentissement de la croissance ou une entrée en récession du pays fera pencher la balance vers un Brexit doux, qui limitera les dégâts économiques à long terme. Si en revanche la croissance reste forte, un Brexit dur sera plus probable, car les électeurs penseront que toutes les Cassandre qui prédisaient des pertes monumentales se trompaient.
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L'économie. Un ralentissement de la croissance ou une entrée en récession du pays fera pencher la balance vers un Brexit doux, qui limitera les dégâts économiques à long terme. Si en revanche la croissance reste forte, un Brexit dur sera plus probable, car les électeurs penseront que toutes les Cassandre qui prédisaient des pertes monumentales se trompaient. La livre et l'inflation. Si les marchés financiers sont volatils, si la livre continue de chuter et si l'inflation reprend, le Royaume-Uni craindra que le Brexit ne l'appauvrisse, ce qui augmentera les chances d'une sortie en douceur. Si rien de tout cela n'arrive, le pays risque davantage de claquer la porte. Les gros investisseurs étrangers. S'ils sont nombreux à menacer - comme l'ont déjà fait quelques banques et constructeurs automobiles - de placer leurs billes ailleurs, cela incitera le gouvernement à rester dans le marché unique. Plus il y aura de fidèles à l'Union Jack quoi qu'il arrive, plus le divorce risque d'être violent. Chiffres de l'immigration. Si l'immigration nette en provenance de l'Union européenne reste élevée, un Brexit dur axé sur une régulation des entrées est plus probable. Mais une diminution significative de l'immigration européenne favorisera une sortie en douceur, car les préoccupations économiques prendront le dessus. Les luttes d'influence à Londres. Si David Davis et Liam Fox, les deux principaux ministres pro-Brexit, gardent la mainmise sur le processus de sortie, les chances d'un Brexit dur seront plus élevées. Une influence plus marquée du ministre des Finances Philip Hammond jouerait, elle, en faveur d'une sortie en douceur. Ce scénario est également probable en cas d'intervention du Parlement sur les modalités du Brexit. Les luttes d'influence à Bruxelles. Le divorce sera plus violent si les négociations sont confiées à la Commission européenne, car celle-ci est plus inflexible sur les " quatre libertés " du marché unique. Si le Conseil de l'Europe (et les Etats membres) prend la main, le Brexit sera moins douloureux, car les gouvernements nationaux sont mieux à même de comprendre les pressions politiques que subit leur homologue britannique. Les politiques nationales. En 2017, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et (sans doute) l'Italie, entre autres pays, organiseront des élections. Si elles donnent la victoire à des gouvernements plus intransigeants ou plus nationalistes, il sera plus difficile de négocier une sortie de l'UE en douceur. Une reconduction de la plupart des dirigeants actuels facilitera légèrement la rupture. L'opinion publique. Un référendum est un instantané. Si, pour la première fois depuis des années, les performances de l'économie britannique sont moins bonnes que celles de la zone euro, et si l'immigration européenne diminue, un revirement de l'opinion publique est possible. Ce qui non seulement laisserait présager un Brexit en douceur, mais encouragerait les appels à un nouveau référendum - auquel cas, le Brexit pourrait ne jamais avoir lieu. Par John Peet, éditorialiste politique à "The Economist".