Plusieurs des prétendants à la succession de Mme May, qui a démissionné vendredi du poste de chef du Parti conservateur, affirment vouloir rouvrir les négociations avec l'UE. L'un d'eux, Boris Johnson, menace de ne pas payer la facture du Brexit prévu dans l'accord déjà conclu.

"Il n'y aura pas de renégociation du contenu de l'accord de retrait" conclu entre l'UE et la dirigeante britannique, a mis en garde le président de l'exécutif européen, dans une interview diffusée en direct par le site politico.eu.

"Ce n'est pas un traité entre Theresa May et Jean-Claude Juncker, c'est un traité entre le Royaume-Uni et l'UE, il doit être respecté par le prochain Premier ministre britannique quel qu'il soit", a poursuivi M. Juncker. L'accord "ne sera pas renégocié", a-t-il martelé.

Répétant ce que les dirigeants européens disent depuis des mois, M. Juncker a en revanche estimé qu'il pourrait y avoir "des clarifications, des précisions, des ajouts concernant la déclaration politique" qui doit accompagner le traité de retrait.

Cette déclaration, qui ne fait pas partie du traité de retrait, doit tracer les contours de la future relation commerciale entre Londres et l'UE.

Mardi matin, le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, avait déjà prévenu: "L'élection d'un nouveau Premier ministre ne changera pas les paramètres de ce qui est sur la table".

M. Juncker a confié qu'il avait eu l'impression ces derniers mois que la principale préoccupation de la classe politique britannique "était le remplacement de Theresa May et pas la recherche d'un arrangement avec l'UE".

Après plusieurs secondes de réflexion, il a répondu par un simple "non" à la question de savoir s'il avait un favori dans la course à la succession de Mme May.

L'UE répète depuis plusieurs mois qu'il n'y a plus lieu de rouvrir l'accord de retrait, qui a été rejeté à trois reprises par les députés britanniques.

Boris Johnson a de son côté menacé de ne pas acquitter la facture du Brexit, c'est-à-dire le solde de tout compte prévu dans le traité de divorce, si l'UE n'acceptait pas de meilleures conditions de sortie pour son pays.

L'accord conclu ne mentionne pas de chiffres, mais définit une méthode et des principes pour établir les sommes dues par Londres. Le gouvernement britannique évalue lui le montant entre 40 et 45 milliards d'euros.