Pas d'exode de Londres

L'exode prédit au moment du Brexit n'a pour l'instant pas eu lieu. Les transferts d'emplois financiers de Londres vers l'Union européenne concernent moins de 10.000 personnes. Plus précisément, 7.500 selon le cabinet Ernest and Young.

Un nombre bien faible par rapport aux 450.000 emplois de la City, le secteur financier londonien.

Selon le Financial Times, qui a interrogé 24 banques internationales, la plupart d'entre elles ont même accru leurs effectifs outre-Manche ces cinq dernières années.

Et les réductions de postes observées dans certains établissements s'expliquent bien davantage par des restructurations que par des déménagements en direction de l'Union européenne.

A cet égard, Londres restera la première place financière européenne.

Paris en compétition avec Francfort

Pour autant, même si le nombre d'emplois effectivement transférés reste marginal, Paris et Francfort, armés de leurs organisations de lobbying, se livrent une bataille sans merci pour attirer les financiers.

"Quatre ans après le référendum sur le Brexit, Francfort est la grande gagnante", claironnait au début de l'été Frankfurt Main Finance (FMF), l'association en charge de promouvoir la place financière allemande.

"La place de Paris est, aujourd'hui, la plus attractive d'Europe et a pris le lead en matière d'accueil des relocalisations post-Brexit, avec 3.500 emplois directs d'ores et déjà en cours d'implantation dans le secteur financier", avancent de leur côté Choose Paris Region, l'agence chargée de la promotion de la région, et Paris Europlace, l'organe de promotion de la place économique parisienne.

Parmi les 116 projets comptabilisés pour la France, la majorité provient de la gestion d'actifs (28%) et des banques (25%). Ces dernières fournissent cependant plus de la moitié des emplois (59%), contre seulement 10% pour la gestion d'actifs.

Plusieurs exemples attestent du dynamisme de la place parisienne: JP Morgan va faire venir début janvier 100 emplois supplémentaires à Paris, en plus des 100 déjà annoncés précédemment, les géants américains Bank of America et Goldman Sachs ont choisi Paris pour leurs plateformes d'échanges européennes, et l'assureur américain Chubb a transféré son siège de Londres à Paris.

Francfort n'est cependant pas en reste avec également 3.500 emplois créés ou en cours d'implantation. Surtout, la place financière allemande a attiré le siège européen de nombreuses banques, et notamment des américaines Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et Citigroup.

Dublin pour les services d'appui

La capitale irlandaise devrait également profiter du Brexit. Selon plusieurs études, elle ressort en tête des destinations pour les entreprises souhaitant garder une place au sein de l'Union européenne.

Le périmètre géographique et le nombre d'entreprises interrogées différant fortement selon les études, il est difficile de tirer des conclusions définitives sur les premiers bénéficiaires du Brexit et la prudence reste de mise.

Pour Paris Europlace, il est cependant probable que Dublin attire en priorité des activités dites de "back office", c'est-à-dire les services d'appui, comme l'administratif. Tandis que Paris et Francfort devraient attirer les activités de marchés, plus génératrices de valeur.

Le Luxembourg en embuscade

Le Luxembourg, malgré sa petite taille, ne compte cependant pas abandonner la partie facilement. Mettant en avant sa localisation et sa "stabilité", le Grand-duché a su attirer de nombreuses entreprises et notamment des gestionnaires d'actifs tels que la britannique M&G Investments.

La faible fiscalité du pays est également un élément d'attractivité même si Luxembourg For Finance, l'agence de promotion de la place luxembourgeoise, ne souhaite pas axer son discours sur cet élément.

"La fiscalité est un élément important mais pas l'élément déterminant", avait déclaré mi-septembre Nicolas Mackel, dirigeant de l'agence, cité par le Financial Times.

Selon l'organisme, le Brexit devrait permettre de créer 3.000 emplois dans le pays.

Pas d'exode de LondresL'exode prédit au moment du Brexit n'a pour l'instant pas eu lieu. Les transferts d'emplois financiers de Londres vers l'Union européenne concernent moins de 10.000 personnes. Plus précisément, 7.500 selon le cabinet Ernest and Young. Un nombre bien faible par rapport aux 450.000 emplois de la City, le secteur financier londonien.Selon le Financial Times, qui a interrogé 24 banques internationales, la plupart d'entre elles ont même accru leurs effectifs outre-Manche ces cinq dernières années.Et les réductions de postes observées dans certains établissements s'expliquent bien davantage par des restructurations que par des déménagements en direction de l'Union européenne. A cet égard, Londres restera la première place financière européenne.Paris en compétition avec FrancfortPour autant, même si le nombre d'emplois effectivement transférés reste marginal, Paris et Francfort, armés de leurs organisations de lobbying, se livrent une bataille sans merci pour attirer les financiers."Quatre ans après le référendum sur le Brexit, Francfort est la grande gagnante", claironnait au début de l'été Frankfurt Main Finance (FMF), l'association en charge de promouvoir la place financière allemande. "La place de Paris est, aujourd'hui, la plus attractive d'Europe et a pris le lead en matière d'accueil des relocalisations post-Brexit, avec 3.500 emplois directs d'ores et déjà en cours d'implantation dans le secteur financier", avancent de leur côté Choose Paris Region, l'agence chargée de la promotion de la région, et Paris Europlace, l'organe de promotion de la place économique parisienne.Parmi les 116 projets comptabilisés pour la France, la majorité provient de la gestion d'actifs (28%) et des banques (25%). Ces dernières fournissent cependant plus de la moitié des emplois (59%), contre seulement 10% pour la gestion d'actifs.Plusieurs exemples attestent du dynamisme de la place parisienne: JP Morgan va faire venir début janvier 100 emplois supplémentaires à Paris, en plus des 100 déjà annoncés précédemment, les géants américains Bank of America et Goldman Sachs ont choisi Paris pour leurs plateformes d'échanges européennes, et l'assureur américain Chubb a transféré son siège de Londres à Paris.Francfort n'est cependant pas en reste avec également 3.500 emplois créés ou en cours d'implantation. Surtout, la place financière allemande a attiré le siège européen de nombreuses banques, et notamment des américaines Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et Citigroup.Dublin pour les services d'appuiLa capitale irlandaise devrait également profiter du Brexit. Selon plusieurs études, elle ressort en tête des destinations pour les entreprises souhaitant garder une place au sein de l'Union européenne.Le périmètre géographique et le nombre d'entreprises interrogées différant fortement selon les études, il est difficile de tirer des conclusions définitives sur les premiers bénéficiaires du Brexit et la prudence reste de mise.Pour Paris Europlace, il est cependant probable que Dublin attire en priorité des activités dites de "back office", c'est-à-dire les services d'appui, comme l'administratif. Tandis que Paris et Francfort devraient attirer les activités de marchés, plus génératrices de valeur.Le Luxembourg en embuscadeLe Luxembourg, malgré sa petite taille, ne compte cependant pas abandonner la partie facilement. Mettant en avant sa localisation et sa "stabilité", le Grand-duché a su attirer de nombreuses entreprises et notamment des gestionnaires d'actifs tels que la britannique M&G Investments. La faible fiscalité du pays est également un élément d'attractivité même si Luxembourg For Finance, l'agence de promotion de la place luxembourgeoise, ne souhaite pas axer son discours sur cet élément. "La fiscalité est un élément important mais pas l'élément déterminant", avait déclaré mi-septembre Nicolas Mackel, dirigeant de l'agence, cité par le Financial Times.Selon l'organisme, le Brexit devrait permettre de créer 3.000 emplois dans le pays.