Avant que ses compatriotes ne prennent la route pour la fête très familiale de Thanksgiving, qui tombe jeudi, le démocrate a lancé l'initiative dont bruissait le marché depuis quelque temps: il va prélever 50 millions de barils sur les réserves stratégiques de pétrole de la première puissance mondiale, la plus importante quantité jamais puisée.

"Nous lançons une initiative majeure", a dit le président américain dans un discours, sur fond de photographies de station-service et de citernes. L'initiative "ne va pas faire baisser les prix du jour au lendemain" mais elle "fera une différence", a-t-il promis depuis la Maison Blanche.

Habituellement, les Etats-Unis ne touchent qu'avec parcimonie à ces réserves - actuellement 609 millions de barils - enterrées en Louisiane et au Texas, en cas de catastrophes naturelles ou de crises internationales.

Or non seulement Joe Biden y puise pour corriger les prix, mais il le fait en plus en coordination avec d'autres gros consommateurs d'or noir, ce qui est inédit.

Chine

Pour l'occasion, Washington et Pékin ont mis leur rivalité de côté: les Etats-Unis ont fait savoir que la Chine se joignait à cette initiative, tout comme l'Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni.

L'un des ténors du camp républicain, le sénateur Lindsey Graham, a dénoncé par communiqué un "abus" de l'utilisation de ces réserves, destinées selon lui aux "urgences."

Il a aussi accusé le président démocrate de faire flamber les cours en freinant l'exploitation d'hydrocarbures aux Etats-Unis, un argument récurrent du camp conservateur. C'est un "mythe", a rétorqué Joe Biden, ajoutant: "Mon effort pour combattre le changement climatique ne fait pas augmenter le prix de l'essence."

Le sujet est politiquement brûlant, particulièrement pour Joe Biden qui a pour principal objectif de faciliter la vie de la classe moyenne, découragée face à la mondialisation et à la pandémie de Covid-19.

Le président veut réveiller le rêve américain de l'aisance matérielle à la portée de tous, pour prouver la supériorité du modèle démocratique sur les dictatures. Et dans les faits, tant bien que mal, Joe Biden déroule son programme.

Il a promulgué un plan monstre de rénovation des infrastructures de 1.200 milliards de dollars, et fait avancer la procédure législative pour un pharaonique programme de 1.750 milliards de dollars de dépenses sociales et climatiques.

Sur le front de la pandémie, les Etats-Unis ont entrepris de vacciner les enfants et d'administrer des rappels aux adultes.

Message positif

Mais malgré ces avancées, et un marché de l'emploi qui progresse, Joe Biden est impopulaire. Selon le site FiveThirtyEight, qui agrège des sondages, sa cote de popularité était inférieure à 43% mardi.

L'inflation, qui atteint des sommets, y est sans doute pour quelque chose. Et en particulier la hausse des prix à la pompe, dans un pays où prendre la voiture est autant une nécessité, faute de transports publics développés, qu'un mode de vie.

Le prélèvement de 50 millions de barils de réserve est symbolique - cela ne couvre que trois jours de demande des raffineries américaines.

Joe Biden espère surtout un impact psychologique, à la fois sur des pays producteurs tels que l'Arabie saoudite, qui renâclent à ouvrir les vannes, et sur son opinion publique.

Le président, après avoir épuisé le vocabulaire de l'effort contre la pandémie et de la lutte contre la récession, a aussi envie de déployer un message plus positif.

"Pour cette fête de Thanksgiving (ndlr: qui signifie +rendre grâce+) nous avons tant de raisons d'être reconnaissants", a dit mardi le démocrate de 79 ans, que l'on a vu ces derniers jours se plier à une série de traditions festives.

Vendredi dernier, Joe Biden, visiblement ravi, a enchaîné les mauvaises blagues au moment de gracier deux dindes avant Thanksgiving, sur fond de fanfare et de gloussements des volatiles.

Cette tradition "nous rappelle qu'il faut s'amuser un peu", avait dit ce président élu après une campagne d'une violence politique inédite, en pleine pandémie et face à une récession historique.

Avant que ses compatriotes ne prennent la route pour la fête très familiale de Thanksgiving, qui tombe jeudi, le démocrate a lancé l'initiative dont bruissait le marché depuis quelque temps: il va prélever 50 millions de barils sur les réserves stratégiques de pétrole de la première puissance mondiale, la plus importante quantité jamais puisée."Nous lançons une initiative majeure", a dit le président américain dans un discours, sur fond de photographies de station-service et de citernes. L'initiative "ne va pas faire baisser les prix du jour au lendemain" mais elle "fera une différence", a-t-il promis depuis la Maison Blanche.Habituellement, les Etats-Unis ne touchent qu'avec parcimonie à ces réserves - actuellement 609 millions de barils - enterrées en Louisiane et au Texas, en cas de catastrophes naturelles ou de crises internationales. Or non seulement Joe Biden y puise pour corriger les prix, mais il le fait en plus en coordination avec d'autres gros consommateurs d'or noir, ce qui est inédit.ChinePour l'occasion, Washington et Pékin ont mis leur rivalité de côté: les Etats-Unis ont fait savoir que la Chine se joignait à cette initiative, tout comme l'Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni.L'un des ténors du camp républicain, le sénateur Lindsey Graham, a dénoncé par communiqué un "abus" de l'utilisation de ces réserves, destinées selon lui aux "urgences."Il a aussi accusé le président démocrate de faire flamber les cours en freinant l'exploitation d'hydrocarbures aux Etats-Unis, un argument récurrent du camp conservateur. C'est un "mythe", a rétorqué Joe Biden, ajoutant: "Mon effort pour combattre le changement climatique ne fait pas augmenter le prix de l'essence."Le sujet est politiquement brûlant, particulièrement pour Joe Biden qui a pour principal objectif de faciliter la vie de la classe moyenne, découragée face à la mondialisation et à la pandémie de Covid-19.Le président veut réveiller le rêve américain de l'aisance matérielle à la portée de tous, pour prouver la supériorité du modèle démocratique sur les dictatures. Et dans les faits, tant bien que mal, Joe Biden déroule son programme.Il a promulgué un plan monstre de rénovation des infrastructures de 1.200 milliards de dollars, et fait avancer la procédure législative pour un pharaonique programme de 1.750 milliards de dollars de dépenses sociales et climatiques.Sur le front de la pandémie, les Etats-Unis ont entrepris de vacciner les enfants et d'administrer des rappels aux adultes.Message positifMais malgré ces avancées, et un marché de l'emploi qui progresse, Joe Biden est impopulaire. Selon le site FiveThirtyEight, qui agrège des sondages, sa cote de popularité était inférieure à 43% mardi.L'inflation, qui atteint des sommets, y est sans doute pour quelque chose. Et en particulier la hausse des prix à la pompe, dans un pays où prendre la voiture est autant une nécessité, faute de transports publics développés, qu'un mode de vie.Le prélèvement de 50 millions de barils de réserve est symbolique - cela ne couvre que trois jours de demande des raffineries américaines.Joe Biden espère surtout un impact psychologique, à la fois sur des pays producteurs tels que l'Arabie saoudite, qui renâclent à ouvrir les vannes, et sur son opinion publique.Le président, après avoir épuisé le vocabulaire de l'effort contre la pandémie et de la lutte contre la récession, a aussi envie de déployer un message plus positif."Pour cette fête de Thanksgiving (ndlr: qui signifie +rendre grâce+) nous avons tant de raisons d'être reconnaissants", a dit mardi le démocrate de 79 ans, que l'on a vu ces derniers jours se plier à une série de traditions festives.Vendredi dernier, Joe Biden, visiblement ravi, a enchaîné les mauvaises blagues au moment de gracier deux dindes avant Thanksgiving, sur fond de fanfare et de gloussements des volatiles.Cette tradition "nous rappelle qu'il faut s'amuser un peu", avait dit ce président élu après une campagne d'une violence politique inédite, en pleine pandémie et face à une récession historique.