En arrivant à une réunion des ministres européens des Finances à Helsinki, M. Le Maire a lancé le même appel que le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi jeudi, qui avait annoncé au préalable un vaste cocktail de mesures anti-crise pour les 19 Etats de l'euro.

"Il y a un manque de croissance dans la zone euro. Il ne faut pas nous satisfaire du niveau de croissance actuelle dans la zone euro (...) Il faut davantage d'investissement de la part des pays qui disposent de marges budgétaires", a dit M. Le Maire.

Il a réitéré un message donné il y a une semaine à Strasbourg, où il avait alors nommé l'Allemagne, pays vers qui tous les regards se tournent pour qu'il soutienne plus énergiquement l'économie.

Son homologue luxembourgeois, Pierre Gramegna, a abondé en son sens: "Les pays qui ont bien travaillé pour équilibrer leur budget et ont de la marge devraient l'utiliser".

En revanche, sa confrère suédoise, Magdalena Andersson, dont le pays n'appartient pas à la zone euro, était bien plus circonspecte: "Peut-être que les pays qui poussent l'Allemagne (à investir davantage, ndlr) auraient dû passer davantage de temps les années passées à rembourser leur dette".

Quant à l'Allemand Olaf Scholz, il ne s'est pas prononcé vendredi sur le sujet et a éludé une question sur la panoplie de mesures adoptée jeudi par la BCE pour soutenir l'économie.

"Il est important, et surtout en Allemagne, de s'engager pour l'indépendance de la BCE sur le modèle de la Bundesbank. Et nous devons honorer ce succès (d'indépendance de la BCE, ndlr) en faisant preuve d'une certaine retenue dans les commentaires concernant les décisions de la BCE", a-t-il dit.

Dès jeudi, le journal populaire allemand Bild s'était emporté contre les mesures de soutien à l'économie présentées par la BCE, affirmant: "C'est un jour noir pour les épargnants allemands".

Mardi, alors que les spéculations des marchés sur un plan de relance budgétaire en Allemagne allaient bon train, M. Scholz avait présenté, devant la chambre basse du Parlement, un budget 2020 à l'équilibre, conformément au dogme budgétaire respecté depuis 2014.

Il avait assuré "être en position, si une crise économique éclatait en Allemagne et en Europe, d'y faire face avec beaucoup, beaucoup de milliards".