Vous avez pris vos fonctions avec un budget complètement vide pour les aides aux entreprises. Comment cela s'explique-t-il ?
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Vous avez pris vos fonctions avec un budget complètement vide pour les aides aux entreprises. Comment cela s'explique-t-il ? Une série d'aides avaient été réduites à la fin de la législature précédente. Des entreprises ont donc remis in extremis des dossiers pour émarger aux dispositifs antérieurs. Cela représente un surcoût de 30 millions d'euros - soit le budget annuel total prévu pour ces aides - sur trois exercices car tous les dossiers ne concernent pas des dépenses de cette année et une partie des aides pourra donc être liquidée durant les années suivantes. Je suis très étonnée que personne n'ait anticipé cette réaction, compréhensible, des entreprises. Vous avez garanti les versements aux quelque 2.300 entreprises qui entrent dans les conditions prévues par l'ordonnance. Où allez-vous trouver ces 30 millions supplémentaires ? Cela ne va-t-il pas se faire au détriment des autres aides aux entreprises ? De quoi parlons-nous ici ? De PME, de commerces, d'établissements horeca. Nous sommes en plein dans l'économie réelle de la Région de Bruxelles-Capitale. Il n'était pas question pour moi qu'une de ces entreprises reste sur le carreau à cause du manque d'anticipation des conséquences du passage d'un régime d'aide à un autre. Ces primes et subsides recouvrent des aides à l'acquisition d'un bien, à la reprise d'une activité, à de la consultance, au financement de places en crèche pour les travailleurs parfois. A nouveau du concret, de l'économie réelle. Le gouvernement a donc dégagé 7 millions lors de l'ajustement 2019 et nous aurons aussi des moyens supplémentaires dans le budget 2020 et, je l'espère, 2021. Je ferai tout pour que cela ne se réalise pas au détriment des autres enveloppes destinées aux entreprises mais, à ce stade, je ne peux pas l'affirmer. Comptez-vous, vous aussi, réformer ces systèmes d'aides aux entreprises ? Oui, l'accord de gouvernement prévoit un ciblage des aides vers l'économie réelle, vers la création d'emplois et vers la transition écologique. Nous allons avancer dans cette direction mais en restant très prudents. La confiance et la prévisibilité sont des éléments essentiels et c'est d'ailleurs pour cela que nous faisons tout pour assumer les conséquences des décisions de l'équipe précédente. Il y a tout à fait moyen de monitorer cela de manière étroite. Les primes sont un des leviers de la politique économique bruxelloise, à côté de l'accompagnement des entreprises, de leur financement via finance-brussels et de la location avec citydev.brussels.