Marquantes à la fois dans les négociations avec le Royaume-Uni, pour le maintien du Vieux Continent dans la course au commerce mondial et pour le modèle d'union que veulent les Etats membres.
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Marquantes à la fois dans les négociations avec le Royaume-Uni, pour le maintien du Vieux Continent dans la course au commerce mondial et pour le modèle d'union que veulent les Etats membres. Sur le Brexit, la Commission européenne et Londres ont conclu la semaine dernière un pré-accord qui permet désormais de lancer enfin les véritables discussions sur le futur des relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Europe. C'est déjà un point important. Mais ce qui l'est davantage encore, c'est que le spectre d'un hard Brexit s'éloigne sur la pointe des pieds. Parmi les concessions de Londres, l'une concernant le délicat problème de la frontière entre l'Eire et l'Irlande du Nord est essentielle. S'il avait fallu revenir au vieilles douanes en dur entre les deux pays, l'économie de l'Eire aurait été touchée au coeur. Mais il n'en sera rien : Londres garantit que le régime nord-irlandais jouira d'un " alignement complet avec les règles du marché intérieur et de l'union douanière " et qu'il n'y aura donc pas de frontière en dur entre les deux Irlande. " Enorme ", souligne le Financial Times qui indique qu'en avalisant à la fois un alignement réglementaire entre la république d'Irlande et l'Irlande du Nord, et entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, Theresa May a finalement décidé de ne pas quitter l'union douanière européenne. A peu près au même moment, l'Union européenne et le Japon ont bouclé un accord commercial qui va faire de ces deux grandes économies la zone de libre-échange la plus importante du monde, pesant un tiers du PIB mondial. L'accord, qui doit encore être coulé dans un texte juridique, supprimera une grande partie des droits de douanes payés par les entreprises européennes au Japon et leur fera économiser un milliard d'euros par an. C'est le plus grand traité commercial jamais signé par la Commission et il constitue comme un grand pied de nez aux politiques protectionnistes, et en particulier celles prônées par l'administration américaine actuelle. Parallèlement, et là aussi cela s'est fait dans la discrétion, la Commission européenne a chargé son numéro deux, le Néerlandais Frans Timmermans, de piloter une task force qui doit travailler à rapprocher les décisions des citoyens. En d'autres mots, l'Europe, consciente de son éloignement envers les citoyens, devrait rétrocéder ces prochaines années certaines de ses compétences aux pouvoirs nationaux, régionaux ou locaux, cela afin de pouvoir se renforcer dans les matières (sécurité, politique industrielle, marché unique, etc.) qui nécessitent réellement une collaboration multinationale. Et puis, " last but not least ", la Commission a également émis en cette fin d'année des propositions pour réformer la zone euro. Avec deux idées phares : primo, la création d'une sorte de fonds monétaire européen, qui pourra éteindre les futurs incendies financiers qui pourraient survenir, et aider les pays en état de choc. Secundo, la création d'un poste de " ministre " de l'Economie et des Finances de la zone euro qui serait responsable de ses actions devant le Parlement européen. On avance donc. Grâce peut-être à une nouvelle génération d'hommes politiques, jeunes (Charles Michel chez nous, le Français Emmanuel Macron, le Luxembourgeois Xavier Bettel, le Néerlandais Mark Rutte, etc.), pragmatiques et déterminés à progresser, quitte à utiliser davantage que par le passé des accords intergouvernementaux plutôt que des directives requérant l'unanimité ou nécessitant de longues négociations avec des pays plus réticents à l'intégration. Le Brexit et l'élection de Donald Trump auraient-ils réveillé le sentiment europhile sur le Vieux Continent ? Il semblerait. Il ne faudrait toutefois pas qu'il se rendorme en 2018.